La vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) est encadrée par la loi n° 44-00, intégrée aux articles 618-1 à 618-20 du DOC par le dahir du 3 novembre 2002, modifiée et complétée par la loi n° 107-12 de 2016. Ce cadre législatif vise à protéger l'acquéreur d'un bien en construction en imposant au promoteur des obligations strictes : garantie bancaire ou caution de remboursement des avances, échelonnement des paiements en fonction de l'avancement des travaux, respect des plans et du cahier des charges, et obligation de livraison dans les délais contractuels.
La loi 44-00 prévoit un échéancier de paiement impératif lié à l'avancement des travaux : un acompte ne dépassant pas 5 % à la réservation, puis des versements au fur et à mesure de l'avancement (fondations, gros œuvre, mise hors d'eau, finitions). Le paiement total ne peut excéder 95 % du prix avant la livraison effective du bien et la signature de l'acte définitif de vente. Le promoteur doit fournir à l'acquéreur un contrat de réservation détaillé, les plans de l'immeuble, le cahier des charges, la copie du permis de construire et une attestation d'assurance dommages-ouvrage.
Les litiges liés à la VEFA sont fréquents au Maroc : retards de livraison, non-conformité des finitions, modifications unilatérales des plans, et parfois défaillance du promoteur. Pour se prémunir contre ces risques, l'acquéreur doit exiger la constitution d'une garantie bancaire par le promoteur (prévue par la loi mais pas toujours respectée en pratique), vérifier la solidité financière du promoteur, consulter ses réalisations antérieures et faire appel à un avocat spécialisé pour examiner le contrat avant de le signer. En cas de retard de livraison supérieur à la période contractuelle, l'acquéreur dispose de recours : pénalités de retard, résolution du contrat avec remboursement des sommes versées, ou dommages et intérêts.
Depuis la réforme de 2016 (loi 107-12), le notaire joue un rôle central dans la VEFA. Le contrat préliminaire doit être reçu par un notaire ou dressé par un avocat agréé. Le notaire vérifie la situation juridique du terrain, l'existence du permis de construire et la constitution des garanties. Il conserve les fonds en séquestre et ne les libère au promoteur qu'en fonction de l'avancement des travaux, attesté par un architecte. Ce mécanisme, lorsqu'il est correctement appliqué, offre une protection efficace à l'acquéreur sur plan.