TARIK BEN LARBI
Abogado en Tánger, Marruecos,

Identifiez la structure, les autorisations, les formalités de change et les garanties à prévoir avant d’engager vos capitaux.
Salma Tazi
Rédactrice juridique — droit de la famille
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L’investissement étranger au Maroc repose sur un principe de liberté : sauf activité réglementée ou restriction foncière particulière, un étranger peut créer une entreprise, acquérir des titres sociaux ou financer une société marocaine sans être préalablement résident. Le texte central est la loi-cadre n° 03-22 formant Charte de l’investissement, promulguée par le dahir n° 1-22-76 du 9 décembre 2022 et publiée au Bulletin officiel n° 7152 du 15 décembre 2022. Elle s’applique aux investisseurs marocains et étrangers, mais ne dispense ni des autorisations sectorielles ni de la réglementation des changes.
La Charte a instauré un dispositif principal de soutien et des mécanismes destinés notamment aux projets stratégiques, aux très petites, petites et moyennes entreprises et au développement international des entreprises marocaines. Le décret n° 2-23-1 du 16 février 2023 précise le dispositif principal et le régime des projets stratégiques. Contrairement à une idée fréquente, la prime n’est pas une exonération fiscale automatique. Elle suppose un dossier, une instruction administrative, une convention d’investissement et le respect d’engagements mesurables concernant l’emploi, le calendrier, le financement et la localisation du projet.
Le dispositif principal vise notamment les projets d’au moins 50 millions de dirhams créant au moins 50 emplois stables, ainsi que certains projets créant au moins 150 emplois stables sans condition équivalente de montant. Les primes liées à l’emploi, au genre, aux métiers d’avenir, au développement durable, à l’intégration locale, au territoire et au secteur peuvent être combinées dans les limites réglementaires. Le soutien total peut atteindre 30 % du montant d’investissement primable. Concrètement, ce plafond ne signifie pas que tout projet obtient 30 %, ni que le terrain, les taxes ou toutes les dépenses financières sont retenus.
Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, créé par la loi n° 76-20, intervient dans une logique distincte de la prime de la Charte, notamment à travers des fonds sectoriels ou thématiques. Une participation ou un financement du Fonds ne se confond donc pas avec une subvention du CRI. Avant de bâtir un plan de financement, l’investisseur doit faire confirmer par écrit l’assiette éligible, les emplois retenus et le calendrier de décaissement. Les dépenses engagées trop tôt, avant la convention ou en dehors de ses stipulations, peuvent ne pas être prises en compte.
Aucune condition générale de nationalité, de résidence fiscale ou de carte de séjour n’est imposée pour détenir les parts d’une société marocaine. Une personne physique étrangère peut être associée unique d’une SARL à associé unique. Une société constituée à l’étranger peut également créer une filiale, ouvrir une succursale ou prendre une participation. La capacité juridique est appréciée selon les règles applicables à l’investisseur et à l’acte projeté. Pour une personne morale, le signataire doit disposer d’une décision sociale et d’un pouvoir couvrant précisément la constitution, l’apport et l’ouverture du compte bancaire.
Investir ne donne toutefois pas automatiquement le droit de vivre ou de travailler au Maroc. Le séjour des étrangers relève de la loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers. Le dirigeant appelé à résider durablement doit régulariser son titre de séjour. Lorsqu’un salarié étranger est recruté, l’autorisation de travail et le contrat conforme aux exigences du ministère chargé du Travail doivent être examinés, sous réserve des régimes particuliers et dispenses applicables. Un associé non-résident qui n’exerce aucune activité salariée peut, lui, détenir ses titres depuis l’étranger.
La provenance des fonds est déterminante. Pour bénéficier du régime de convertibilité, l’investissement doit être financé en devises conformément à l’Instruction générale des opérations de change en vigueur : virement bancaire, débit d’un compte en devises ou en dirhams convertibles, ou autre mode admis. La banque domiciliataire enregistre l’opération et conserve les justificatifs. Il faut archiver les avis de crédit, messages SWIFT, attestations bancaires, actes d’acquisition et documents d’augmentation de capital. Sans traçabilité, le transfert futur du capital, des dividendes ou de la plus-value peut être retardé ou soumis à autorisation.
L’investisseur doit enfin vérifier les conventions applicables à son pays : convention fiscale contre la double imposition et accord de promotion et de protection des investissements, appelé APPI. Ces textes ne donnent pas tous les mêmes droits. Les définitions d’investisseur, les clauses de traitement juste et équitable, la protection contre l’expropriation et l’accès à l’arbitrage varient selon l’accord. Une structuration artificielle par une société située dans un État tiers peut être contestée pour abus de traité, absence de bénéficiaire effectif ou défaut de substance économique.
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Abogado en Tánger, Marruecos,
⚖️ Abogado del Colegio de Abogados de Rabat, acompaño a las empresas, los particulares y las entidades locales en sus cuestiones jurídicas: • Litigios de negocios y mercantiles • Litigios de relaciones laborales • Litigios administrativos y contratación pública • Derecho de familia y divorcio • Propiedad intelectual y derecho de marcas • Derecho de contratos y constitución de sociedades • Estudios jurídicos y consultas estratégicas ( Legal Roadmap ) 🛡️ Asumo la representación y la defensa de mis clientes ante los órganos jurisdiccionales competentes, velando por la seguridad de las transacciones, el respeto de la normativa marroquí y la protección eficaz de sus intereses. 📍 Despacho en Rabat. 📞 Consultas con cita previa, por teléfono o mensaje.)
Titular de una Licenciatura en Ciencias Jurídicas (Derecho Privado) – Sección Francesa obtenida en 2013, el Letrado Zakaria BELKASSEH cuenta asimismo con un Máster en Ciencias Jurídicas – Especialidad Derecho de los Negocios con la calificación « Bien » de la Facultad de Ciencias Jurídicas, Económicas y Sociales – Rabat Agdal – Université Mohammed V en 2015 En febrero de 2016 prestó juramento y se inscribió en el Colegio de Abogados de Casablanca, poniendo a disposición su experiencia y su voluntad permanente de éxito para garantizar a los clientes de CABNET BELKASSEH LAW FIRM una prestación de calidad, a la altura de sus expectativas y exigencias.
La SARL, régie par la loi n° 5-96, demeure la forme la plus utilisée pour une filiale opérationnelle. Son capital est librement fixé par les associés : il n’existe plus de capital minimum légal de 100 dirhams. Elle peut compter un à cinquante associés et être constituée par un associé unique. La responsabilité est en principe limitée aux apports, sous réserve notamment des fautes de gestion, garanties personnelles et infractions. Sa gouvernance est plus légère que celle d’une SA, mais les cessions à des tiers sont encadrées par les règles d’agrément légales et statutaires.
La SA, régie par la loi n° 17-95, convient aux investissements importants, à un actionnariat étendu ou à une opération faisant appel public à l’épargne. L’article 6 fixe le capital minimum à 300 000 dirhams sans appel public à l’épargne et à 3 millions de dirhams avec appel public. La société doit compter au moins cinq actionnaires et respecter des règles plus lourdes de gouvernance, de contrôle et d’information. Selon son organisation, elle fonctionne avec conseil d’administration ou avec directoire et conseil de surveillance. Un commissaire aux comptes intervient conformément aux exigences légales.
La société par actions simplifiée, intégrée à la loi n° 5-96 par la loi n° 19-20, offre davantage de souplesse statutaire pour organiser les pouvoirs, les droits financiers et les sorties d’actionnaires. Elle peut être pertinente pour une coentreprise ou un investissement en capital-risque, mais cette liberté exige des statuts très précis. La succursale est plus simple sur le plan capitalistique, mais elle n’a pas de personnalité morale séparée : la société mère étrangère répond directement de ses engagements. Elle doit être immatriculée et déposer les actes concernant sa société mère et son représentant au Maroc.
Le bureau de liaison ne doit exercer ni activité commerciale autonome, ni facturation, ni encaissement de clientèle. Il sert à la prospection, à la coordination ou à la représentation. Si son activité réelle dépasse ce rôle, l’administration fiscale peut caractériser un établissement stable et réclamer impôts, déclarations et pénalités. Le choix doit donc être guidé par les contrats, les risques, le recrutement, la propriété des actifs et les flux intragroupe, pas uniquement par la rapidité de création. Une filiale protège mieux la société mère, tandis qu’une succursale simplifie parfois la remontée de résultats.
La liberté d’investissement ne supprime pas les agréments professionnels. Une banque ou un établissement de crédit relève de la loi n° 103-12 et doit obtenir l’agrément prévu par ce texte, après instruction impliquant Bank Al-Maghrib. Les entreprises d’assurances et de réassurance sont soumises à la loi n° 17-99 et au contrôle de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale. Une société constituée au CRI ne peut pas commencer ces activités sur la seule base de son registre de commerce. L’agrément conditionne légalement l’exploitation.
Les télécommunications sont régies par la loi n° 24-96 : selon le service, une licence, une autorisation ou une déclaration auprès de l’ANRT peut être nécessaire. La communication audiovisuelle relève notamment de la loi n° 77-03 et des pouvoirs de la HACA. Les activités de marché, de gestion d’organismes de placement et d’appel public à l’épargne impliquent l’AMMC. Dans le secteur minier, la loi n° 33-13 organise les titres miniers, les autorisations et les obligations du titulaire. Les autorisations environnementales, urbanistiques et d’exploitation restent également exigibles, même lorsqu’une convention d’investissement a été signée.
L’immobilier urbain, commercial ou résidentiel est généralement accessible aux étrangers, sous réserve du contrôle du titre, de l’urbanisme et des inscriptions foncières auprès de l’ANCFCC. La situation change pour les terrains agricoles ou à vocation agricole situés hors périmètre urbain. Leur acquisition par une personne étrangère est soumise à des restrictions issues notamment du dahir portant loi n° 1-73-645 du 23 avril 1975. Certains projets nécessitent une attestation de vocation non agricole ou une structure juridique et contractuelle adaptée. Acheter par prête-nom est illégal et expose les parties à de graves contestations.
En pratique, une autorisation sectorielle peut prendre plusieurs mois, bien davantage que la constitution de la société. Il faut donc insérer dans le bail, la promesse foncière, le pacte d’actionnaires et les contrats de financement des conditions suspensives suffisamment précises. Engager les travaux ou commercialiser avant l’agrément peut entraîner fermeture, sanctions et impossibilité d’exécuter les contrats. Le CRI facilite les échanges avec les administrations, mais ne remplace ni Bank Al-Maghrib, ni l’ANRT, ni l’AMMC, ni les autorités chargées de l’environnement, du foncier ou de l’urbanisme.
La première étape consiste à arrêter la structure, l’objet social, le siège, le financement et l’identité des dirigeants. Le certificat négatif, demandé auprès de l’OMPIC, réserve la dénomination sans créer la société. Viennent ensuite la domiciliation ou le bail, la rédaction des statuts et, lorsque la forme l’exige, la nomination des organes sociaux. Les statuts d’une SARL peuvent être signés sous seing privé. Le notaire devient nécessaire pour un apport immobilier et reste utile lorsque l’opération comprend des actifs fonciers, des sûretés ou une organisation actionnariale complexe.
Pour un associé personne morale étrangère, le dossier comprend généralement les statuts ou documents constitutifs, un extrait récent du registre étranger, la décision autorisant l’investissement, l’identité du bénéficiaire effectif et la procuration du mandataire. Les actes établis à l’étranger doivent être apostillés lorsque la Convention de La Haye est applicable, ou légalisés selon la voie diplomatique ou consulaire appropriée. Une traduction en arabe par un traducteur assermenté est souvent nécessaire pour les pièces destinées au greffe. Selon la langue et l’urgence, la traduction coûte couramment entre 100 et 300 dirhams par page en 2026.
Le dossier est déposé par le circuit de création d’entreprise et auprès du CRI compétent, avec immatriculation au registre du commerce, identification fiscale et formalités connexes. Une société employant du personnel doit être affiliée à la CNSS et déclarer ses salariés. Les bénéficiaires effectifs doivent être déclarés conformément à la loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et à ses textes d’application. Les publications légales sont accomplies dans un journal habilité et au Bulletin officiel selon les règles propres à la forme sociale. Le compte bancaire opérationnel est ensuite finalisé.
Une constitution simple prend souvent cinq à dix jours ouvrables lorsque les pièces étrangères sont prêtes, même si les circuits dématérialisés peuvent traiter plus vite. Une annonce légale coûte généralement entre 1 000 et 2 500 dirhams selon sa longueur ; les frais de traduction, de légalisation, de conseil et de domiciliation s’ajoutent. Les tarifs administratifs et fiscaux doivent être vérifiés le jour du dépôt auprès de l’OMPIC, du greffe et de la DGI. Pour un projet nécessitant des autorisations, la commission régionale unifiée d’investissement instruit le dossier selon la loi n° 47-18, en principe dans un délai maximal de trente jours à compter d’un dossier complet.
Le droit de retransférer un investissement repose d’abord sur sa traçabilité. Les apports au capital, primes d’émission, avances en compte courant, prêts d’actionnaire et prix d’acquisition de titres doivent parvenir par un mode de règlement admis par l’Instruction générale des opérations de change en vigueur. Le libellé du virement doit correspondre à son objet juridique. Mélanger un apport en capital et un prêt dans un même virement crée des difficultés de qualification. La banque marocaine doit recevoir les statuts, décisions sociales, conventions de prêt et justificatifs concernant le donneur d’ordre et le bénéficiaire effectif.
L’investisseur doit conserver un dossier de change pendant toute la durée du projet : avis de crédit, relevés, messages SWIFT, bordereaux bancaires, actes d’augmentation de capital, procès-verbaux et attestations fiscales. Ce dossier permettra à la banque d’exécuter le transfert des dividendes, intérêts admissibles, produits de liquidation ou prix de cession. Une simple mention comptable d’un apport ne remplace pas la preuve de l’importation de devises. Si les fonds sont arrivés par un compte ordinaire, en espèces ou au nom d’un tiers, une régularisation peut être nécessaire et son issue n’est jamais automatique.
Pour transférer des dividendes, la banque demande généralement les états de synthèse, le procès-verbal de l’assemblée ayant approuvé les comptes et décidé la distribution, la preuve de la retenue à la source et les justificatifs de l’investissement d’origine. En 2026, le taux de droit commun applicable aux produits des actions, parts sociales et revenus assimilés est en principe de 10 %, à la fin de la période transitoire instaurée par la réforme de l’impôt sur les sociétés. Des règles transitoires peuvent cependant maintenir un autre taux selon l’exercice d’origine des bénéfices. Une convention fiscale peut plafonner ce prélèvement si ses conditions sont remplies.
La plus-value et le produit de cession sont également transférables lorsque l’investissement bénéficie du régime de convertibilité, après paiement des impôts applicables. Le contrat de cession doit distinguer le prix, les modalités de règlement, les garanties et, s’il existe, le complément de prix. Pour une vente entre sociétés liées, le prix doit pouvoir être justifié au regard de l’article 213 du Code général des impôts sur les liens de dépendance et les transferts indirects de bénéfices. Avant la signature, il est prudent d’obtenir de la banque la liste écrite des pièces exigées pour le transfert.
La sécurité de l’investissement résulte de plusieurs niveaux de protection. La Constitution garantit notamment le droit de propriété, tandis que l’expropriation pour cause d’utilité publique relève de la loi n° 7-81 et suppose une procédure ainsi qu’une indemnisation. La loi-cadre n° 03-22 affirme des principes de liberté d’entreprendre, de concurrence loyale, de transparence et d’égalité dans l’accès aux mécanismes de soutien, sous réserve de leurs critères. Ces garanties ne neutralisent pas les pouvoirs de police, la fiscalité, l’environnement ou les sanctions légalement prises dans l’intérêt général.
Les APPI conclus par le Maroc peuvent ajouter le traitement national, la nation la plus favorisée, le traitement juste et équitable, la protection contre l’expropriation et la libre transférabilité. Attention : ces formulations varient fortement d’un traité à l’autre. Certains accords limitent la protection aux investissements admis conformément au droit marocain ou imposent un délai de négociation avant l’arbitrage. D’autres contiennent des exclusions fiscales ou une clause de choix définitif entre les tribunaux nationaux et l’arbitrage. Le texte ratifié et entré en vigueur, non un résumé commercial, doit servir à l’analyse.
Le Maroc est partie à la Convention de Washington du 18 mars 1965 créant le CIRDI. Cela n’autorise pas automatiquement tout investisseur à poursuivre l’État marocain devant le CIRDI. Il faut un consentement écrit à l’arbitrage, contenu par exemple dans un APPI, une loi ou un contrat d’investissement, ainsi qu’un différend entrant dans le champ de ce consentement. L’investisseur doit aussi satisfaire aux conditions de nationalité. L’absence d’obligation d’épuiser les recours internes dépend du traité et des réserves qu’il contient ; elle ne peut pas être présumée.
Pour les contrats commerciaux, la loi n° 95-17 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle organise l’arbitrage interne et international ainsi que la reconnaissance des sentences. Une clause efficace doit préciser le siège, la langue, le règlement, le nombre d’arbitres et le droit applicable. Sans clause, les litiges entre sociétés relèvent généralement du tribunal de commerce territorialement compétent ; certains actes administratifs relèvent du tribunal administratif. Les recours contre une décision liée à l’investissement doivent être exercés dans les délais propres à la décision, même si des discussions amiables sont en cours.
Une société marocaine détenue par des étrangers est imposée comme une société résidente sur ses bénéfices de source marocaine et étrangère, sous réserve des conventions fiscales. À l’issue de la réforme progressive engagée par la loi de finances pour 2023, le taux normal de l’impôt sur les sociétés est en principe de 20 % en 2026. Un taux de 35 % vise les sociétés réalisant un bénéfice net égal ou supérieur à 100 millions de dirhams, tandis que le taux de 40 % concerne notamment les établissements de crédit et entreprises d’assurances. Des règles particulières et exclusions doivent être vérifiées dans le CGI 2026.
La TVA dépend de la nature de l’opération, du lieu d’imposition et du régime d’exonération applicable. Les biens d’investissement inscrits en immobilisation peuvent, sous conditions et formalités, bénéficier des dispositifs prévus par le Code général des impôts pendant la période légale. Les apports, acquisitions immobilières, cessions de fonds ou de titres supportent des droits d’enregistrement variables selon leur qualification. Il est risqué d’utiliser un ancien barème trouvé en ligne : les lois de finances modifient régulièrement les taux, exonérations et mesures transitoires. Le coût doit être simulé avant la signature de l’acte.
Les conventions fiscales déterminent notamment l’établissement stable, les retenues sur dividendes, intérêts et redevances, ainsi que les méthodes d’élimination de la double imposition. Pour réclamer un taux conventionnel, le bénéficiaire doit généralement justifier sa résidence fiscale et sa qualité de bénéficiaire effectif. Une société relais sans substance peut être écartée. Les prestations de management, licences de marque, prêts intragroupe et achats auprès de la société mère doivent être conclus à des conditions de pleine concurrence. L’article 213 du CGI permet à l’administration de rectifier les bénéfices indirectement transférés entre entreprises dépendantes.
Les zones d’accélération industrielle, régies notamment par la loi n° 19-94, offrent un environnement douanier et fiscal spécifique aux entreprises admises. L’exonération d’IS des cinq premiers exercices d’exploitation peut être suivie du taux applicable après la réforme, généralement 20 % en 2026 et non l’ancien taux de 15 % souvent repris dans les brochures. Les avantages de TVA et de douane dépendent des flux, des équipements et du statut de la zone. Casablanca Finance City possède un statut distinct ; elle n’est pas une zone franche industrielle et son agrément ne remplace aucun agrément financier.
L’erreur la plus coûteuse consiste à envoyer les fonds sans préciser leur nature et sans conserver les preuves bancaires. Viennent ensuite la sous-capitalisation de la filiale, le financement permanent par des avances mal documentées et l’utilisation de factures intragroupe sans prestation démontrable. Un capital légalement libre ne signifie pas qu’un capital d’un dirham est adapté à une usine ou à un marché public. Les dirigeants doivent vérifier la capacité de la société à honorer ses engagements, tandis que les taux d’intérêt, redevances et frais de siège doivent être fiscalement défendables.
Autre piège : signer un bail ferme, acheter un terrain ou commander les machines avant la confirmation de l’autorisation et de l’éligibilité aux primes. Dans une zone d’accélération industrielle, l’admission dépend du gestionnaire et des règles de la zone. Pour un partenariat public-privé, la loi n° 86-12 et les documents de mise en concurrence imposent une procédure distincte. Les projets d’énergie, d’eau, d’infrastructure ou de gestion déléguée peuvent également relever de cahiers des charges, concessions et autorisations spécifiques. Une convention d’investissement n’efface jamais ces régimes.
Il faut aussi éviter les statuts standard copiés d’un modèle. Ils règlent rarement les blocages entre actionnaires, les besoins de financement, la propriété intellectuelle, les transferts de titres, le décès d’un associé ou la sortie de l’investisseur. Dans une coentreprise, le pacte doit être coordonné avec les statuts, car une stipulation seulement contractuelle n’est pas toujours opposable à la société ou aux tiers. Les contrats doivent préciser la juridiction ou l’arbitrage, la langue faisant foi, la force majeure, les sanctions internationales applicables et le traitement des données personnelles au regard de la loi n° 09-08.
L’avocat d’affaires intervient utilement avant le premier virement. Il vérifie la structure, le foncier, les agréments, l’APPI, la convention fiscale, les conditions de la prime et les contrats. Il coordonne aussi le dossier avec l’expert-comptable, la banque, le notaire, le CRI et, si nécessaire, l’autorité sectorielle. Ses honoraires ne sont pas réglementés par un tarif unique : ils dépendent du montant, de la complexité et de l’étendue de la mission. Une lettre de mission doit distinguer la constitution, l’audit, la négociation, les formalités de change et le contentieux éventuel.
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