Abdelhalim Zendaguy
Abogado del Colegio de Abogados de Marrakech, especializado en derecho mercantil, derecho civil, derecho inmobiliario, derecho de familia y derecho penal

Ce guide vous aide à vérifier votre droit, négocier un tracé, saisir le bon tribunal et préparer les preuves nécessaires.
Omar El Fassi
Juriste éditorial — droit immobilier
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La servitude et le droit de passage sur un terrain au Maroc relèvent principalement de la loi n° 39-08 portant Code des droits réels, promulguée par le dahir n° 1-11-178 du 22 novembre 2011. Son article 37 définit la servitude comme une charge imposée à un immeuble pour l’usage ou l’utilité d’un autre immeuble appartenant à un propriétaire différent. Le terrain qui supporte la charge est appelé fonds servant ; celui qui en bénéficie est le fonds dominant.
L’article 38 du Code des droits réels distingue les servitudes qui résultent de la situation naturelle des lieux, celles imposées par la loi et celles créées par l’accord des propriétaires. Cette distinction commande toute la stratégie. Un passage nécessaire au désenclavement peut être réclamé malgré le refus du voisin, tandis qu’un passage de simple convenance suppose normalement un titre ou un accord. Une habitude de voisinage ne devient donc pas automatiquement un droit réel.
Pour un immeuble immatriculé, le titre foncier joue un rôle décisif. Les articles 62 et 65 du dahir du 12 août 1913 sur l’immatriculation foncière organisent respectivement la force du titre et la publicité des droits réels. Concrètement, une servitude conventionnelle qui n’est pas inscrite à l’ANCFCC risque de ne pas être opposable à l’acquéreur ultérieur du fonds servant. Il faut donc vérifier le certificat de propriété, mais aussi les plans et inscriptions accessoires.
Sur un terrain melk non immatriculé, la loi n° 39-08 reste applicable, mais la preuve est plus délicate. Le tribunal examine les actes adoulaires, la chaîne de propriété, les témoignages recevables, les constats, les plans et l’état matériel des lieux. La possession ne doit pas être confondue avec un titre incontestable. Si le terrain appartient au domaine public, à l’État ou à une collectivité territoriale, la compétence peut basculer vers la juridiction administrative.
Les articles 64 à 68 du Code des droits réels régissent le passage nécessaire au profit d’un fonds enclavé. L’article 64 vise le propriétaire qui ne dispose d’aucune issue suffisante vers la voie publique pour utiliser normalement son immeuble. L’enclavement peut être total, mais aussi relatif : un sentier piéton peut être insuffisant si la destination régulière du terrain exige un accès par véhicule. Le besoin doit toutefois être réel, actuel et compatible avec l’usage licite du bien.
Le propriétaire ne choisit pas librement le trajet qui lui paraît le plus confortable. Les dispositions du Code imposent de rechercher un passage adapté aux besoins du fonds dominant tout en causant le moins de dommage possible au fonds servant. Le juge compare notamment la longueur, la pente, les constructions existantes, la sécurité, le coût des travaux et la perte de surface. Le chemin géométriquement le plus court n’est donc pas toujours celui qui sera retenu.
La loi ne fixe aucune largeur nationale uniforme de trois, quatre ou six mètres. La largeur doit être proportionnée à la destination normale du fonds et déterminée au cas par cas. En pratique, les expertises proposent souvent environ trois à quatre mètres pour un véhicule léger et davantage pour une exploitation agricole nécessitant le passage d’engins. Ce ne sont pas des seuils légaux : le plan d’aménagement, les règles d’urbanisme et le règlement général de construction peuvent imposer d’autres contraintes.
L’article 67 prévoit une indemnisation en rapport avec le dommage supporté par le propriétaire du fonds servant. Elle peut tenir compte de la surface immobilisée, de la dépréciation, des travaux et des nuisances normales du passage, sans correspondre nécessairement au prix d’achat d’une bande de terrain. Lorsque l’enclavement provient d’une vente, d’un partage ou d’un morcellement, l’article 68 conduit en principe à rechercher le passage sur les parcelles issues de l’opération qui a créé cette situation.
Un accès simplement annoncé sur un plan d’aménagement, mais qui n’est ni ouvert ni matériellement utilisable, ne met pas toujours fin à l’enclavement. Le tribunal apprécie la situation existant au moment où il statue. Inversement, le demandeur peut être débouté si un autre accès praticable existe, même s’il est moins commode ou nécessite des travaux raisonnables. Un géomètre topographe agréé doit donc étudier toutes les sorties possibles avant l’introduction de l’action.
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Maître Raja El Mansouri Abogada del Colegio de Abogados de Marrakech-Ouarzazate Maître Raja El Mansouri es abogada inscrita en el Colegio de Abogados de Marrakech-Ouarzazate y cuenta con una experiencia significativa en el asesoramiento y la defensa de sus clientes ante las jurisdicciones competentes. Su actividad se orienta principalmente al derecho inmobiliario, el derecho civil, el derecho penal y el derecho de familia, ámbitos en los que interviene tanto en materia de asesoramiento y acompañamiento jurídico como en materia contenciosa. Ámbitos de intervención - Derecho inmobiliario Maître Raja El Mansouri acompaña a sus clientes en todas las cuestiones relativas a los bienes inmuebles y a los derechos vinculados a ellos, en particular: * Adquisiciones y transmisiones de bienes inmuebles; * Verificación de la situación jurídica y registral de los bienes; * Análisis de los títulos de propiedad y de los documentos de dominio; * Promesas, contratos preliminares y contratos de compraventa inmobiliaria; * Litigios relativos a la propiedad y a la posesión; * Proindivisión y partición de bienes inmuebles; * Sucesiones que comprenden bienes inmuebles; * Arrendamientos de vivienda, profesionales y comerciales; * Desahucios y litigios arrendaticios; * Contenciosos relativos a las rentas y a las obligaciones de las partes; * Servidumbres y derechos reales inmobiliarios; * Cuestiones relacionadas con construcciones, obras y autorizaciones; * Contencioso de la construcción y vicios que afectan a los inmuebles; * Peritaje judicial en materia inmobiliaria y de construcción; * Acompañamiento jurídico de inversores y propietarios en sus operaciones inmobiliarias. - Derecho civil Interviene asimismo en distintos ámbitos del derecho civil, en particular: * Derecho de las obligaciones y los contratos; * Responsabilidad civil contractual y extracontractual; * Incumplimiento y cumplimiento defectuoso de las obligaciones contractuales; * Reparación e indemnización de los perjuicios; * Litigios relativos a los contratos civiles; * Recuperación de créditos; * Propiedad y derechos reales; * Proindivisión, partición y liquidación; * Litigios relativos a la posesión y a la propiedad; * Requerimientos y procedimientos judiciales; * Medidas cautelares y procedimientos de urgencia; * Ejecución de las resoluciones judiciales. - Derecho penal Maître Raja El Mansouri asegura igualmente la defensa y la asistencia de sus clientes en el marco de procedimientos penales, en particular: * Asistencia y defensa de las personas perseguidas penalmente; * Denuncias y querellas ante las autoridades competentes; * Personación como parte civil; * Defensa de las víctimas de infracciones; * Infracciones contra las personas y los bienes; * Infracciones vinculadas a las relaciones familiares y patrimoniales; * Estafa, abuso de confianza y otras infracciones patrimoniales; * Violencias y atentados contra las personas; * Asistencia en las distintas etapas del procedimiento penal; * Seguimiento de los procedimientos ante las jurisdicciones penales; * Defensa de los intereses de las víctimas y de las personas investigadas. - Derecho de familia En el ámbito del derecho de familia, acompaña a sus clientes en situaciones que requieren a la vez una experiencia jurídica y un enfoque particularmente atento a los aspectos humanos, en particular: * Divorcio y procedimientos de separación; * Divorcio judicial y divorcio por mutuo acuerdo; * Pensión alimenticia y obligaciones de manutención; * Custodia de los hijos y derecho de visita; * Filiación y establecimiento del parentesco; * Reconocimiento e impugnación de la filiación; * Matrimonio y efectos jurídicos del matrimonio; * Condiciones y procedimientos relativos al divorcio; * Partición y liquidación de los bienes entre cónyuges; * Sucesiones y liquidación sucesoria; * Partición de los bienes hereditarios; * Litigios entre herederos; * Tutela y representación de los menores; * Protección de los derechos e intereses de los menores; * Ejecución de las resoluciones dictadas en materia de familia. Un enfoque basado en la escucha y en la defensa de los intereses del cliente Maître Raja El Mansouri privilegia un enfoque basado en la escucha, el análisis en profundidad de cada situación y la búsqueda de soluciones jurídicas adaptadas a las necesidades de sus clientes. Interviene tanto con anterioridad a los litigios, con el fin de prevenir y asegurar los riesgos jurídicos, como en el marco de procedimientos contenciosos, con el fin de garantizar la defensa de los derechos e intereses de sus clientes ante las jurisdicciones competentes. Su experiencia le permite acompañar tanto a particulares como a propietarios, inversores y profesionales que se enfrentan a cuestiones civiles, inmobiliarias, penales o familiares.
Abogado del Colegio de Abogados de Nador Miembro de la Asociación de Jóvenes Abogados de Nador Titular de un Máster en Derecho de los Negocios
Les articles 40 et suivants du Code des droits réels traitent notamment des contraintes liées à la situation naturelle des lieux. Le propriétaire d’un fonds inférieur doit recevoir les eaux qui s’écoulent naturellement du fonds supérieur. Celui du fonds supérieur ne peut toutefois aggraver artificiellement l’écoulement en concentrant les eaux de toiture, en modifiant la pente ou en dirigeant une canalisation vers son voisin. Les eaux usées ne bénéficient évidemment pas du même régime que les eaux naturelles.
Une canalisation d’égout, d’irrigation ou d’alimentation traversant le terrain voisin doit reposer sur un fondement juridique clair. Un accord doit préciser son tracé, son diamètre, l’accès pour entretien, la répartition des réparations et la responsabilité en cas de fuite. Pour un immeuble immatriculé, cet accord doit respecter la forme exigée par l’article 4 du Code des droits réels puis être présenté à l’ANCFCC. Une simple autorisation verbale expose les deux propriétaires à un conflit lors d’une vente.
Pour les vues sur le fonds voisin, le Code des droits réels distingue la vue droite, qui permet de regarder directement chez le voisin, et la vue oblique, qui nécessite de se pencher ou de tourner la tête. Les distances traditionnellement retenues par le Code sont de deux mètres pour une vue droite et d’un mètre pour une vue oblique, sous réserve des règles d’urbanisme et des caractéristiques de l’ouverture. Une ouverture laissant seulement passer la lumière peut recevoir une qualification différente.
La mitoyenneté concerne surtout les murs, clôtures ou ouvrages séparant deux propriétés. Elle implique des droits d’utilisation, mais aussi une participation aux frais nécessaires de conservation. Avant de surélever, percer ou démolir un mur séparatif, il faut vérifier son statut par les titres, le plan cadastral et les signes matériels. Quant au « tour d’échelle », il ne permet pas d’entrer librement chez le voisin : l’accès temporaire pour réparer un mur doit être accepté ou autorisé par le juge.
La première démarche consiste à réunir les titres puis à adresser au voisin une proposition écrite. Cette lettre décrit l’enclavement, le trajet envisagé, la largeur, les utilisateurs, les travaux et l’indemnité proposée. Elle doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par huissier de justice afin de conserver une preuve. Dans un douar, une médiation du caïd ou des autorités locales peut aider, mais elle ne remplace pas l’acte constitutif du droit.
Si un accord se dégage, un géomètre topographe agréé prépare un plan coté et géoréférencé. Le document doit identifier les deux parcelles, les points d’entrée et de sortie, la largeur exacte ainsi que les éventuels réseaux. Un tracé décrit seulement comme « l’ancien chemin » est source de procès. Le procès-verbal de bornage contradictoire doit être signé par les propriétaires présents et signaler les désaccords, les bornes existantes et les occupations constatées.
L’acte doit ensuite respecter l’article 4 de la loi n° 39-08, qui soumet les actes portant sur des droits réels immobiliers à un formalisme écrit strict. Selon le montage, il sera reçu par un notaire ou établi dans une autre forme légalement admise par cet article et les textes professionnels applicables. L’acte précise la durée, l’entretien, l’indemnité, les horaires éventuels, le passage des réseaux, l’interdiction de stationner et les conditions de déplacement du tracé.
Pour un terrain immatriculé, le dossier est déposé à la conservation foncière compétente afin d’inscrire la servitude sur le titre du fonds servant et de la reporter au bénéfice du fonds dominant. L’ANCFCC demande généralement l’acte, les certificats de propriété, les références cadastrales, le plan et la réquisition d’inscription. Le conservateur peut solliciter une pièce complémentaire si la désignation foncière ou le plan ne permet pas d’identifier précisément l’assiette du droit.
Avant de signer, chaque partie doit vérifier l’identité et le pouvoir du cocontractant. L’accord de l’ensemble des propriétaires indivis peut être nécessaire ; un seul héritier ne peut normalement grever tout l’immeuble sans mandat valable. Si une hypothèque, une saisie, une prénotation ou une opposition figure sur le titre, son effet doit aussi être étudié. Cette vérification coûte moins cher qu’une action engagée plusieurs années plus tard contre un acte inopposable.
Faute d’accord, l’action immobilière est portée devant le tribunal de première instance du lieu où se trouve le terrain, conformément à la règle territoriale de l’article 28 du Code de procédure civile. Le demandeur sollicite la reconnaissance ou la suppression de la servitude, la fixation du tracé et, si nécessaire, l’évaluation de l’indemnité. La requête doit identifier correctement tous les propriétaires. Une erreur sur le titre, l’indivision ou la qualité d’un héritier peut retarder l’affaire.
Le dossier utile comprend le certificat de propriété récent, le contrat d’acquisition, le plan cadastral, le plan topographique, les photographies datées, les autorisations d’urbanisme et la correspondance échangée. Sur un terrain non immatriculé, on ajoute les actes adoulaires, certificats administratifs et éléments établissant les limites. Un constat d’huissier peut prouver qu’un portail a été fermé ou que l’accès annoncé par l’adversaire est matériellement impraticable, sans remplacer l’analyse technique du géomètre.
Le tribunal peut ordonner une expertise sur le fondement des articles 55 et suivants du Code de procédure civile. L’expert examine l’enclavement, recherche plusieurs tracés, mesure leur emprise et estime le dommage. Les parties doivent assister aux opérations ou s’y faire représenter, remettre leurs pièces et formuler des observations écrites. Après le dépôt du rapport, elles peuvent en discuter les conclusions et demander un complément ou une nouvelle expertise, mais le juge n’est jamais juridiquement lié par l’avis de l’expert.
En cas d’obstruction brutale d’un passage effectivement utilisé, le président du tribunal peut être saisi en référé sur le fondement des articles 149 et 152 du Code de procédure civile. Le référé sert à ordonner une mesure provisoire lorsqu’il existe une urgence et que le fond du droit ne doit pas être définitivement tranché. Il ne faut pas le présenter comme un moyen automatique d’obtenir une servitude nouvelle. Si l’existence du droit est sérieusement contestée, le procès au fond restera nécessaire.
Le jugement du tribunal de première instance peut faire l’objet d’un appel, généralement dans les trente jours de sa notification selon l’article 134 du Code de procédure civile, sous réserve de la nature exacte de la décision. Un pourvoi en cassation peut ensuite être envisagé dans le délai légal, normalement trente jours selon l’article 358, mais la Cour de cassation ne rejuge pas les mesures du terrain. Elle contrôle la qualification juridique, la motivation et le respect des règles de procédure.
La disparition de l’enclavement, la réunion des deux fonds, la renonciation ou l’impossibilité définitive d’exercer la servitude peuvent justifier son extinction selon les dispositions du Code des droits réels, notamment son article 69. Le non-usage doit être prouvé avec prudence ; il ne suffit pas d’affirmer que personne n’est passé récemment. Si la servitude est inscrite au titre foncier, sa radiation exige un acte admissible par le conservateur ou une décision judiciaire définitive.
Il n’existe pas de tarif national unique couvrant chaque bornage amiable ou expertise privée. En 2026, les devis observés pour une parcelle simple se situent souvent entre 3 000 et 8 000 DH en zone urbaine et entre 2 500 et 6 000 DH en milieu rural. La superficie, les déplacements, le nombre de riverains et l’absence de repères augmentent le prix. Ces montants sont des fourchettes de pratique, à confirmer par un devis écrit d’un géomètre topographe agréé.
Une expertise judiciaire exige une provision déposée à la régie du tribunal. Selon la mission et la juridiction, elle se situe fréquemment entre 5 000 et 15 000 DH, voire davantage pour plusieurs parcelles, des levés complexes ou une évaluation financière. Le juge fixe la provision et peut demander un complément. Les honoraires définitifs sont taxés judiciairement ; leur charge finale suit normalement la décision sur les dépens, sans garantir au gagnant le remboursement de toutes ses dépenses.
Pour un acte amiable de servitude, il faut budgéter la rédaction, les formalités, le plan et la conservation foncière. Une enveloppe de 2 500 à 8 000 DH hors indemnité constitue un ordre de grandeur pour un dossier simple, mais la valeur déclarée, la forme de l’acte et les débours changent le calcul. Il serait imprudent d’appliquer automatiquement un taux de 1,5 % : le tarif de l’ANCFCC dépend de la formalité sollicitée et doit être confirmé auprès de la conservation compétente.
Les honoraires d’avocat sont librement convenus avec le client. Un dossier immobilier peut représenter environ 7 000 à 30 000 DH en première instance, parfois davantage s’il existe plusieurs expertises, des indivisaires ou des incidents de procédure. Il faut demander une convention indiquant les honoraires, la TVA, les déplacements, les frais d’huissier, les traductions et le traitement de l’appel. Les frais initiaux de greffe et de notification représentent généralement quelques centaines à quelques milliers de dirhams.
Un bornage amiable peut prendre deux à six semaines lorsque les titres et les voisins sont disponibles. Une action simple dure souvent de six à dix-huit mois en première instance ; avec expertise et difficultés de convocation, douze à vingt-quatre mois sont possibles. Un appel peut porter la durée totale à dix-huit ou trente-six mois. Ces délais sont des estimations pratiques et non des délais garantis, car la charge du tribunal et les renvois varient fortement d’une ville à l’autre.
Le droit de passage peut bénéficier à un terrain melk non immatriculé. L’absence de titre foncier ne fait pas disparaître l’article 64 du Code des droits réels, mais elle complique l’identification du propriétaire et des limites. Le demandeur doit produire son acte melkia, les actes de transmission, les certificats disponibles et un plan topographique. Les témoignages peuvent compléter le dossier, sans toujours compenser une chaîne de propriété contradictoire ou une parcelle impossible à situer.
Dans les douars, le caïd intervient souvent comme médiateur. Un procès-verbal de réunion, une attestation sur l’existence d’un ancien chemin ou un constat administratif peuvent éclairer le tribunal, mais l’autorité locale ne crée pas à elle seule une servitude privée définitive. Les accords conclus oralement devant des témoins doivent être régularisés dans une forme conforme à l’article 4 de la loi n° 39-08. Il faut aussi éviter de présenter une piste collective comme la propriété exclusive d’un particulier.
Les terres collectives soulaliyates sont régies notamment par la loi n° 62-17 relative à la tutelle administrative sur les collectivités soulaliyates et à la gestion de leurs biens. Un ayant droit ne peut pas, de sa seule initiative, accorder une servitude sur une terre collective comme s’il en était propriétaire individuel. Il faut identifier la collectivité, les organes compétents et l’autorité de tutelle. Le tribunal civil n’est pas nécessairement compétent pour contester une décision administrative concernant cette terre.
Lorsqu’une réquisition d’immatriculation est en cours, il faut consulter le dossier de l’ANCFCC, le plan de bornage et les oppositions déposées. Un passage revendiqué doit être signalé au moment utile afin que son sort soit examiné avant l’établissement du titre. L’immatriculation purge les droits antérieurs non régulièrement préservés dans les conditions du dahir de 1913. Attendre la fin de la procédure peut donc placer le bénéficiaire allégué dans une situation probatoire très défavorable.
Le statut du chemin doit enfin être vérifié. Une voie communale, une piste relevant du domaine public, un chemin collectif et une bande appartenant à un voisin n’obéissent pas aux mêmes règles. Les plans cadastraux, les documents communaux et les renseignements de l’autorité locale doivent être confrontés à l’état physique des lieux. Saisir le tribunal civil contre un propriétaire qui ne possède pas juridiquement le chemin peut conduire à une irrecevabilité ou à une exception d’incompétence.
La première erreur consiste à fermer physiquement un passage avant d’obtenir une décision. Même si le propriétaire estime la servitude inexistante, un mur, une chaîne ou un portail installé brutalement peut provoquer un référé et une condamnation provisoire au rétablissement des lieux. Il vaut mieux faire constater la situation, mettre l’utilisateur en demeure et saisir le juge. Cette prudence ne vaut pas reconnaissance du droit adverse si les courriers sont correctement rédigés.
La deuxième erreur est de confondre tolérance et servitude. Le fait d’avoir laissé un voisin traverser occasionnellement une cour ne signifie pas nécessairement qu’un droit réel a été créé. Inversement, qualifier tout usage ancien de simple faveur ne suffit pas lorsque des actes, des plans ou la configuration issue d’un partage établissent un véritable passage. Les dates, la fréquence, les bénéficiaires et les conditions d’utilisation doivent être documentés par des preuves concordantes.
Une autre faute classique est de signer un accord sans le faire inscrire au titre foncier. L’acte restera fragile lors de la vente du fonds servant ou de la constitution d’une hypothèque. Les propriétaires omettent aussi de régler l’entretien, le portail, les réseaux souterrains et le stationnement. Quelques lignes vagues peuvent alors engendrer plusieurs procès : l’un sur l’existence du passage, l’autre sur sa largeur et un troisième sur la prise en charge des travaux.
Il faut également éviter de construire sur la bande litigieuse ou de modifier les fenêtres pendant la procédure. Le permis de construire ne tranche pas un droit privé de servitude et ne protège pas son titulaire contre l’action du voisin. De même, une autorisation communale ne dispense pas de respecter les distances et titres privés. Si les travaux sont imminents, un constat et une mesure conservatoire doivent être étudiés avant que la situation ne devienne techniquement difficile à remettre en état.
Enfin, engager l’action sans certificat de propriété récent, sans plan et contre une seule personne alors que le terrain est indivis fait perdre du temps. Le défaut de qualité ou d’intérêt peut entraîner l’irrecevabilité selon l’article 1 du Code de procédure civile. Avant toute requête, il faut vérifier les propriétaires inscrits, les héritiers, les hypothèques, le statut public éventuel et la procédure d’immatriculation. Dans un dossier foncier, l’identification juridique des parcelles précède toujours la discussion sur le chemin.
Le géomètre topographe agréé répond à la question matérielle : où sont les limites et quels tracés sont techniquement possibles ? L’avocat répond à la question juridique : quel droit peut être invoqué, contre qui et devant quelle juridiction ? Leurs missions sont complémentaires. Un excellent plan ne corrige pas une action introduite contre la mauvaise personne, tandis qu’une requête bien rédigée ne prouve pas qu’aucun autre accès n’existe.
Avant la consultation, il faut réunir les contrats, certificats de propriété, plans cadastraux, permis, photographies, lettres, procès-verbaux et actes de succession. Une chronologie d’une page aide à distinguer les faits constatés des récits familiaux. Pour un Marocain résidant à l’étranger, la procuration doit identifier précisément les actes autorisés. Une procuration générale mal légalisée ou non traduite peut bloquer la signature, l’expertise ou la représentation devant certaines administrations.
L’avocat vérifie la compétence, prépare la mise en demeure, choisit entre référé et action au fond, demande une mission d’expertise utile puis discute le rapport. Il peut aussi négocier une servitude limitée plutôt qu’un procès total. Concrètement, un accord sur le tracé, assorti d’un portail et d’une indemnité raisonnable, préserve souvent mieux la valeur des deux propriétés qu’une décision imposée après plusieurs années de conflit.
Une consultation précoce est particulièrement recommandée lorsque le passage touche un titre foncier, une indivision successorale, une terre soulaliyate, le domaine public ou un projet de construction. Elle ne garantit aucun résultat, mais permet d’écarter une demande mal dirigée et de chiffrer le risque. Il faut demander au professionnel une convention d’honoraires, une liste des pièces manquantes et une explication écrite des options amiables et judiciaires.
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