- décès de la mère
- Le père capable demeure en principe le représentant légal, sauf mesure judiciaire prise pour protéger l’enfant.
- tutelle de la mère après décès du père
- La mère majeure peut exercer la représentation prévue par le Code lorsque le père est décédé ou juridiquement empêché.
- tutelle du grand-père paternel
- La place du grand-père paternel fait l’objet de pratiques judiciaires divergentes malgré l’ordre textuel de l’article 231.
- décès des deux parents
- Le juge vérifie une éventuelle désignation testamentaire avant de nommer, si nécessaire, un tuteur datif.
- tuteur testamentaire
- La personne désignée doit accepter la mission, remplir les conditions légales et agir sous contrôle judiciaire.
- tuteur de fait
- Le proche qui élève l’enfant sans titre ne peut pas accomplir les actes réservés au représentant légal.
Lorsque la mère décède et que le père est vivant, majeur et capable, celui-ci demeure en principe le représentant légal. Le décès n’attribue pas la wilaya à la famille maternelle. Une difficulté concernant l’hébergement ou la sécurité de l’enfant doit être traitée selon la procédure adaptée, par exemple la garde ou une mesure de protection. Il ne faut pas demander une tutelle patrimoniale lorsque le problème réel concerne les conditions de vie auprès du père.
Après le décès du père, la mère majeure figure dans l’ordre de représentation prévu par les articles 230 et 231 du Code de la famille. Elle ne doit donc pas être réduite à son rôle de gardienne. Concrètement, une banque, l’ANCFCC ou un organisme d’assurance peut cependant demander une attestation judiciaire, une décision constatant sa qualité ou une autorisation propre à l’opération. Ouvrir rapidement un dossier auprès du juge évite que la succession reste bloquée.
La place du grand-père paternel demande davantage de prudence. Le texte consolidé de l’article 231 ne le mentionne pas expressément avant la mère. Toutefois, des juridictions continuent d’appliquer une lecture classique donnant au grand-père paternel asabe une priorité ou un rôle renforcé, tandis que d’autres suivent strictement l’ordre textuel du Code. Cette divergence réelle interdit toute réponse catégorique. La jurisprudence locale, la situation de la mère et la nature de la demande doivent être étudiées avant le dépôt.
Si les deux parents sont décédés, le juge recherche une désignation testamentaire valable. Il vérifie l’authenticité de l’acte, l’acceptation de la mission et l’aptitude de la personne choisie. À défaut, il nomme un tuteur datif parmi les proches ou, si nécessaire, parmi des tiers dignes de confiance. Un accord familial constitue un élément du dossier, mais il ne lie pas le juge lorsqu’un conflit successoral ou un risque pour les biens apparaît.
Le tuteur de fait n’est pas un représentant légal. Héberger l’enfant, détenir son livret de famille ou payer sa scolarité ne permet pas de percevoir une indemnité d’assurance ni de signer un partage. Si aucun proche n’accepte ou ne peut exercer la mission, le juge et le ministère public recherchent une protection adaptée. Lorsque l’enfant répond à la définition légale d’enfant abandonné, la loi n° 15-01 relative à la kafala peut devenir applicable sans effacer sa situation d’état civil.