Le droit pénal marocain repose sur deux textes fondamentaux. Le Code pénal, promulgué par le Dahir du 26 novembre 1962 et réformé à plusieurs reprises depuis, définit les infractions et fixe les peines applicables. Il distingue trois catégories d'infractions selon leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes. Chaque catégorie obéit à des règles de prescription, de compétence et de procédure qui lui sont propres.
Les contraventions constituent les infractions les moins graves, punies d'amendes ou de courtes peines d'emprisonnement ne dépassant pas un mois. Elles relèvent de la compétence des tribunaux de première instance statuant en matière de simple police. Les délits, d'une gravité intermédiaire, sont punis de peines d'emprisonnement allant de deux mois à cinq ans et/ou d'amendes supérieures à 1 200 dirhams. Ils sont jugés par les tribunaux de première instance en formation correctionnelle. Les crimes, infractions les plus graves, sont passibles de la réclusion de cinq ans à la perpétuité, voire de la peine de mort dans certains cas prévus par la loi. Ils relèvent de la compétence des chambres criminelles près les cours d'appel.
Le Code de procédure pénale, profondément remanié par la loi 22-01 entrée en vigueur en octobre 2003, organise le déroulement des poursuites pénales, de l'enquête préliminaire jusqu'à l'exécution des peines. Ce texte a renforcé de manière significative les droits de la défense, en introduisant notamment le droit à l'assistance d'un avocat dès les premières heures de la garde à vue, un progrès majeur par rapport à l'ancien code. Il a également encadré plus strictement les pouvoirs de la police judiciaire et du ministère public.
La compétence territoriale des juridictions pénales est déterminée par le lieu de commission de l'infraction, le lieu de résidence du prévenu ou le lieu de son arrestation. Le Maroc dispose également de juridictions spécialisées : les tribunaux militaires pour les infractions commises par les militaires, et les chambres de la Cour de cassation pour certaines affaires d'une sensibilité particulière. Depuis la réforme judiciaire, les cours d'appel jouent un rôle central dans le traitement des affaires criminelles graves.