La Moudawana réformée en 2004 constitue le socle législatif du droit de la famille au Maroc. Elle régit le mariage, le divorce, la filiation, la garde des enfants, la pension alimentaire et la succession. Son adoption a été accompagnée de la création de sections spécialisées de la famille au sein des tribunaux de première instance, dotées de juges formés spécifiquement aux affaires familiales. Cette spécialisation a permis d'améliorer la qualité des décisions rendues et de raccourcir significativement les délais de traitement des dossiers.
Les juges de la famille disposent de pouvoirs étendus pour protéger les droits des parties les plus vulnérables, en particulier les enfants et le conjoint économiquement dépendant. La procédure a été simplifiée par rapport à l'ancien système : les audiences sont organisées de manière à favoriser le dialogue entre les parties, et le juge peut ordonner des mesures provisoires dès le début de l'instance, comme la fixation d'une pension alimentaire provisoire ou l'attribution du domicile conjugal à l'un des époux.
Le Fonds d'entraide familiale, mis en place en 2011, constitue un filet de sécurité pour les femmes et les enfants confrontés au non-paiement des pensions alimentaires. Lorsque l'ex-conjoint ne respecte pas ses obligations, ce fonds peut avancer les sommes dues dans la limite de plafonds fixés par voie réglementaire, avant de se retourner contre le débiteur défaillant.
Par ailleurs, une nouvelle réforme du Code de la famille est en cours depuis 2024. Initiée par une commission royale, elle vise à moderniser certaines dispositions jugées insuffisantes après vingt ans de pratique, notamment en matière de partage des biens acquis pendant le mariage, de garde partagée et de reconnaissance des droits de l'enfant né hors mariage. Les discussions sont toujours en cours, et tout justiciable gagnerait à s'informer de l'évolution de ces travaux, car les modifications attendues pourraient avoir un impact direct sur les affaires en instance.
Le droit de la famille marocain s'appuie également sur la Constitution de 2011, qui consacre l'égalité entre les hommes et les femmes en matière de droits civils, et sur les conventions internationales ratifiées par le Maroc, dont la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). Tout avocat compétent en la matière doit savoir articuler ces différentes sources pour construire une argumentation solide devant le tribunal de la famille.