Pour les salariés, la première recommandation est de conserver scrupuleusement tous les documents relatifs à la relation de travail : contrat, bulletins de paie, courriers, e-mails, attestations de travail. En cas de litige, ces pièces seront déterminantes pour établir l'ancienneté, le montant du salaire et les circonstances du licenciement. Il est également conseillé de ne signer aucun document de renonciation ou de transaction sans l'avis préalable d'un avocat.
Pour les employeurs, le respect scrupuleux de la procédure de licenciement est la meilleure protection contre les condamnations pour licenciement abusif. Même lorsque la faute du salarié paraît évidente, négliger l'entretien préalable ou la notification écrite peut coûter très cher. Les tribunaux marocains sanctionnent systématiquement les vices de procédure, et l'absence de procès-verbal d'entretien ou de lettre de licenciement motivée suffit à faire requalifier le licenciement en licenciement abusif.
Un piège fréquent concerne la période d'essai. L'employeur peut rompre librement le contrat pendant cette période, mais il doit respecter un préavis minimum. De plus, la durée de la période d'essai est strictement encadrée : elle ne peut excéder trois mois pour les cadres, un mois et demi pour les employés, et quinze jours pour les ouvriers. Au-delà de ces durées, la rupture relève du régime du licenciement de droit commun.
Enfin, la transaction entre employeur et salarié après licenciement est possible et fréquente en pratique. Elle doit cependant respecter certaines conditions pour être valable : elle doit comporter des concessions réciproques, être rédigée par écrit, et les signatures doivent être légalisées. Le salarié dispose d'un délai de rétractation qui lui permet de revenir sur son accord. Une transaction bien rédigée, avec l'assistance d'avocats de part et d'autre, permet de mettre fin au litige de manière amiable et rapide.