TARIK BEN LARBI
Avocat à Tanger au Maroc ,

Déterminez l’échéance applicable, contrôlez vos obligations déclaratives et choisissez une procédure de recouvrement adaptée à vos preuves.
Nadia Berrada
Rédactrice juridique — droit fiscal
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Les délais de paiement au Maroc sont régis par les articles 78-1 et suivants de la loi n° 15-95 formant Code de commerce, réorganisés par la loi n° 69-21. Cette dernière a été promulguée par le dahir n° 1-23-40 du 26 kaada 1444, soit le 15 juin 2023, et publiée au Bulletin officiel n° 7204 du même jour. Concrètement, le délai de 60 jours n’est plus présenté comme le plafond contractuel général : il s’applique lorsque les parties n’ont convenu d’aucune échéance différente.
L’article 78-3 du Code de commerce permet aux entreprises de fixer un délai contractuel qui ne dépasse normalement pas 120 jours à compter de la date d’émission de la facture. Sans accord, le règlement doit intervenir dans les 60 jours suivant cette émission. Une clause de 90 jours est donc possible, mais une clause ordinaire de 150 jours dépasse le plafond. Le fait que le fournisseur ait signé le contrat ne neutralise pas nécessairement une règle impérative destinée à encadrer les pratiques de paiement.
La facture doit être émise en cohérence avec la livraison des marchandises, l’exécution des travaux ou la réalisation du service. Lorsque le fournisseur facture plusieurs semaines après l’exécution, le débiteur peut discuter le point de départ et l’administration fiscale peut reconstituer le calendrier à partir des pièces commerciales. En pratique, il faut conserver le bon de livraison, le procès-verbal de réception, le relevé des prestations et la preuve d’envoi de la facture. Une facture antidatée fragilise autant le calcul du retard que le recouvrement.
La loi permet un délai pouvant atteindre 180 jours pour certains secteurs présentant des particularités économiques, mais cette dérogation n’est jamais automatique. L’entreprise qui s’en prévaut doit identifier l’accord professionnel ou le texte réglementaire applicable, les opérations couvertes et sa période de validité. Une mention générale dans les conditions d’achat ne suffit pas. Avant d’accepter une échéance supérieure à 120 jours, le fournisseur doit demander le fondement publié au Bulletin officiel ou vérifier le dispositif auprès de son conseil.
Attention au seuil de 2 millions de dirhams de chiffre d’affaires annuel hors taxes. Depuis le 1er janvier 2025, il sert en principe à déterminer l’entrée des entreprises dans le dispositif déclaratif de la loi n° 69-21, sous réserve des exclusions légales. Il ne crée pas une franchise de paiement pour les petites structures. Une TPE ou un indépendant situé sous ce seuil peut réclamer sa facture, mettre son client en demeure et saisir la juridiction compétente dans les mêmes conditions probatoires que tout autre créancier.
Il faut séparer la sanction fiscale et la créance du fournisseur. La loi n° 69-21 prévoit une sanction pécuniaire au profit du Trésor lorsque l’entreprise soumise au dispositif dépasse les délais et ne bénéficie d’aucune exclusion. Cette somme n’est pas transférée au créancier. Celui-ci doit réclamer le principal, les intérêts contractuels et, le cas échéant, les dommages-intérêts devant la juridiction compétente. Une entreprise peut donc être sanctionnée par la DGI tout en restant judiciairement débitrice envers son fournisseur.
Pour le premier mois de retard, la sanction est calculée sur la base du taux directeur de Bank Al-Maghrib applicable selon les règles temporelles du texte. Elle augmente ensuite de 0,85 % par mois ou fraction de mois supplémentaire. À la date de mise à jour du présent guide en 2026, le repère utilisé est un taux directeur de 2,25 %, mais ce taux monétaire peut être modifié lors d’une réunion du Conseil de Bank Al-Maghrib. Le calcul doit toujours être recalé sur la décision officielle publiée sur bkam.ma.
Avec une facture de 100 000 DH, un taux de premier mois de 2,25 % représente, à titre pédagogique, 2 250 DH. Une majoration de 850 DH correspond ensuite à 0,85 % pour chaque mois ou fraction supplémentaire entrant dans le calcul légal. Cet exemple n’est pas un avis de liquidation : il faut contrôler l’échéance, les paiements partiels, les périodes retenues et les éventuelles exclusions. Utiliser le taux connu le jour du calcul au lieu de celui juridiquement pertinent peut produire un montant erroné.
Le fournisseur ne doit pas recopier des conditions générales étrangères prévoyant une indemnité légale automatique de 40 euros ou un forfait de 400 DH. Aucun mécanisme marocain général de ce type ne s’applique à toutes les factures entre entreprises. Les parties peuvent prévoir une clause pénale ou des frais de recouvrement raisonnables, mais le juge peut contrôler leur fondement et leur montant. L’article 264 du Code des obligations et contrats lui permet notamment d’apprécier la clause pénale selon les conditions prévues par ce texte.
Pour les intérêts revenant au créancier, l’analyse commence par le contrat et la date de constitution en demeure. Les articles 254 et suivants du Code des obligations et contrats encadrent les conséquences de l’inexécution et de la mise en demeure. Le créancier peut aussi demander réparation d’un préjudice distinct, par exemple des agios, un crédit de trésorerie imposé par le retard ou une perte d’exploitation démontrée. Une estimation globale non documentée est rarement suffisante : les relevés bancaires et pièces comptables doivent accompagner la demande.
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À propos du cabinet Fondé en 2019 à Tanger, le Cabinet Khalid Chafai offre des services professionnels de conseil juridique, de contentieux et de représentation aux particuliers, aux entreprises et aux institutions. Notre cabinet s'engage à fournir des solutions juridiques stratégiques et efficaces, tout en protégeant les droits et les intérêts de nos clients avec professionnalisme, rigueur et dévouement. Domaines d'expertise - Droit des affaires - Droit de la famille - Droit immobilier Devise du cabinet « Vos droits, notre priorité » Contact Associé gérant : Khalid Chafai, Avocat – Barreau de Tanger Adresse : 1er étage, Appt. 8, Immeuble Playa Mar, Croisement rue Antaki et rue Ibn Abbad, Tanger 90000, Maroc Téléphone : +212 6 61 79 74 69 Site web : attorneyatlawkhalidchafai.com
Avocat au barreau de Casablanca, Jad Berrada dirige JB Law Firm, cabinet dédié au conseil juridique stratégique en droit des affaires. Depuis cinq ans, il accompagne entreprises, investisseurs et particuliers dans la sécurisation de leurs opérations, la mise en conformité et la gestion de leurs litiges, en conseil comme en contentieux. Trilingue (français, arabe, anglais), il consulte en visioconférence. Sa pratique couvre le droit des affaires au sens large : droit des sociétés, droit des contrats, droit social, droit de la consommation, droit foncier, droit de la responsabilité et droit pénal des affaires. Il intervient également en matière d'arbitrage et de médiation, privilégiant lorsque c'est possible les modes alternatifs de résolution des différends. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la pratique du droit des affaires — dont « Les 50 compétences que votre avocat d'affaires doit nécessairement posséder » et « Techniques de lecture et d'analyse juridique » — il défend une conviction : ce sont les compétences et la stratégie, plus que la seule connaissance des textes, qui font gagner ses clients. Rigueur, pragmatisme et compréhension des enjeux business guident son accompagnement. Le cabinet intervient également en droit du travail (contrats, contentieux prud'homal, pour les salariés comme pour les employeurs), en contentieux commercial et recouvrement de créances, en propriété intellectuelle et industrielle (marques, brevets, contrefaçon), en droit immobilier et baux commerciaux, ainsi que devant les juridictions administratives.
La loi n° 69-21 ne fixe pas seulement des plafonds contractuels. Elle organise une déclaration électronique des factures réglées après l’échéance, administrée par la Direction générale des impôts. Le déploiement a été progressif : les entreprises les plus importantes ont été intégrées dès 2023, d’autres catégories en 2024, puis celles réalisant un chiffre d’affaires annuel hors taxes supérieur à 2 millions de dirhams à compter de 2025. Le chiffre d’affaires et les exclusions doivent être vérifiés pour chaque exercice déclaré.
La déclaration indique notamment l’identité du fournisseur, les références de la facture, son montant, sa date d’émission, l’échéance, la date de règlement et la durée du retard. Selon la catégorie de l’entreprise, une attestation peut être demandée à un commissaire aux comptes, un expert-comptable ou un comptable agréé. Les formulaires et la périodicité doivent être contrôlés sur tax.gov.ma. En pratique, une donnée erronée dans le logiciel comptable se reproduit facilement sur plusieurs centaines de factures et augmente le risque de sanction.
Le défaut de déclaration, le dépôt tardif ou certaines informations inexactes exposent l’entreprise aux amendes prévues par la loi. Le barème dépend notamment du chiffre d’affaires et comporte des montants fixes pouvant aller de 20 000 à 500 000 DH pour les catégories visées, auxquels peuvent s’ajouter des conséquences liées aux factures omises. Ces chiffres doivent être rapprochés de la version consolidée applicable à l’exercice 2026 et des commentaires de la DGI. Ils ne doivent pas être appliqués mécaniquement sans contrôler la période.
Un fournisseur confronté à un débiteur récalcitrant peut interroger la DGI ou lui transmettre un signalement documenté concernant le respect du dispositif déclaratif. Ce levier ne transforme pas l’administration fiscale en service de recouvrement : la DGI contrôle et sanctionne, mais elle ne verse pas la facture au créancier. Le signalement doit rester factuel, avec les références des factures et les preuves d’échéance, sans accusation non vérifiée. L’action judiciaire ou amiable demeure nécessaire pour obtenir le principal.
Pour les TPE et indépendants sous 2 millions de dirhams, la distinction est simple. Ils peuvent ne pas être personnellement soumis à certaines obligations déclaratives liées au seuil, tout en étant fournisseurs d’une entreprise qui, elle, doit déclarer ses retards. Leur créance ne disparaît pas et les plafonds contractuels restent pertinents. Ils doivent conserver les preuves de livraison, surveiller la prescription et éviter d’attendre un contrôle fiscal hypothétique. La DGI est un interlocuteur de conformité, pas un substitut à la mise en demeure.
Les commandes publiques suivent un régime distinct de celui des transactions privées. Le texte central est le décret n° 2-16-344 du 17 chaoual 1437, soit le 22 juillet 2016, fixant les délais de paiement et les intérêts moratoires relatifs aux commandes publiques. La date du 8 juillet 2016 parfois reprise correspond à la réunion du Conseil de gouvernement ayant examiné ou adopté le projet ; elle ne remplace pas la date officielle portée par le décret. Le texte doit être lu avec le décret n° 2-22-431 du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics.
Le délai global couramment retenu est de 60 jours lorsque la prestation a été exécutée, le service fait constaté et le dossier de paiement régulièrement remis. Ce délai résulte de l’enchaînement entre le maître d’ouvrage ou l’ordonnateur et le comptable public. Il ne commence pas toujours à la simple date imprimée sur la facture. Le cahier des prescriptions spéciales, les règles de réception et la nature de l’organisme public doivent être contrôlés avant de calculer un retard ou d’adresser une réclamation.
Le fournisseur doit constituer un dossier traçable comprenant la facture, le bon de commande ou le marché, les attachements, le décompte, le procès-verbal de réception et la preuve du service fait. Chaque remise doit recevoir un numéro du bureau d’ordre ou un accusé électronique daté. Une facture laissée directement au chef de projet, sans preuve de transmission au service compétent, ouvre un débat évitable. Si l’administration réclame une correction, la demande et la réponse du fournisseur doivent également être datées.
Lorsque le délai réglementaire est dépassé, des intérêts moratoires peuvent être dus selon le décret et les règles financières applicables. Ils ne se confondent ni avec la sanction fiscale de la loi n° 69-21 ni avec une clause commerciale privée. Le fournisseur doit demander leur liquidation par écrit et vérifier les dates retenues par l’ordonnateur et le comptable. Un paiement du principal n’efface pas nécessairement les intérêts déjà acquis, mais leur réclamation doit respecter le contrat et les délais de recours applicables.
En cas de blocage, la première démarche vise le maître d’ouvrage, l’ordonnateur ou l’établissement public désigné par le contrat. Le titulaire présente ensuite le mémoire ou la réclamation prévu par le cahier des prescriptions, avec un décompte chiffré. Si le différend naît d’un contrat administratif, le tribunal administratif territorialement compétent est normalement saisi. Attention aux clauses imposant une réclamation préalable ou un délai de contestation : attendre une réponse informelle pendant plusieurs mois peut compromettre la recevabilité d’une demande.
Le recouvrement amiable commence par la vérification du dossier. Il faut confirmer la dénomination du client, son numéro au registre du commerce, l’adresse du siège, le montant du principal, les avoirs et les règlements partiels. La facture ne doit pas être examinée seule : le bon de commande, le devis accepté, le bon de livraison et le procès-verbal de réception établissent la réalité de l’opération. Une recherche sur le registre du commerce permet aussi de repérer un changement de siège ou une procédure collective.
Une première relance écrite rappelle la facture, son échéance et les coordonnées bancaires du fournisseur. Sans réponse, la mise en demeure est adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par huissier de justice. Elle identifie chaque facture, le principal, les accessoires réclamés et accorde généralement huit à quinze jours selon l’ancienneté et l’urgence. Elle doit annoncer la procédure envisagée sans menace excessive. Les articles 254 et suivants du Code des obligations et contrats encadrent notamment la constitution en demeure.
Les échanges électroniques sont utiles, surtout entre commerçants, mais leur origine et leur intégrité peuvent être discutées. Un courriel envoyé depuis l’adresse professionnelle du directeur financier, un message reconnaissant le solde ou une proposition d’échéancier constituent des éléments sérieux lorsqu’ils concordent avec les documents commerciaux. Il reste prudent de doubler ces échanges d’un acte traçable. Les articles 417-1 et suivants du Code des obligations et contrats reconnaissent l’écrit électronique sous les conditions légales d’identification et d’intégrité.
Si le débiteur demande un échéancier, l’accord doit mentionner le solde reconnu, les factures, les dates, le mode de règlement et la déchéance du terme en cas de nouvel incident. Il faut préciser si les garanties et les intérêts antérieurs sont maintenus. Une rédaction maladroite peut être interprétée comme une novation ayant remplacé l’obligation initiale. À l’inverse, une reconnaissance claire renforce la preuve et peut interrompre la prescription. Les chèques ou effets remis doivent être identifiés sans être présentés comme un paiement avant leur encaissement.
La médiation conventionnelle relève désormais de la loi n° 95-17 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle, promulguée en 2022. Elle a remplacé le dispositif de la loi n° 08-05, mais ses règles transitoires doivent être contrôlées lorsque la procédure avait déjà été engagée avant son entrée en vigueur. La seule ancienneté d’une clause de médiation ou d’arbitrage ne suffit pas toujours à maintenir l’ancien régime. L’accord final doit être écrit, précis et compatible avec les formalités d’exécution prévues par la loi.
L’injonction de payer au Maroc n’obéit pas à un régime unique. Devant les juridictions ordinaires, elle est organisée par les articles 155 à 165 du Code de procédure civile, l’article 155 en fixant le point d’entrée. Devant les tribunaux de commerce, les articles 22 à 25 de la loi n° 53-95 instituant ces juridictions prévoient un mécanisme spécial pour les créances répondant aux conditions du texte. Mélanger ces deux régimes conduit facilement à citer un mauvais délai ou à saisir la mauvaise juridiction.
Pour une dette commerciale relevant de sa compétence, la requête est présentée au président du tribunal de commerce du domicile ou du siège du débiteur, sauf clause attributive valable entre commerçants ou règle spéciale. La créance doit être monétaire, exigible et appuyée par un titre ou une reconnaissance répondant au régime invoqué. Si le dossier porte sur des malfaçons, une résiliation ou un décompte complexe, le président peut estimer que la voie simplifiée n’est pas adaptée et laisser le créancier agir au fond.
Le dossier contient les renseignements du registre du commerce, le contrat ou le devis accepté, les commandes, les factures, les bons de livraison, les procès-verbaux, la mise en demeure et les échanges reconnaissant le solde. Les paiements partiels et avoirs doivent apparaître dans un décompte lisible. Une pièce en langue étrangère peut nécessiter une traduction par un traducteur assermenté. Devant le tribunal de commerce, l’article 13 de la loi n° 53-95 pose en principe la représentation par avocat, sous les réserves prévues par la loi.
Le président examine la requête sans convoquer d’abord le débiteur. Si la demande lui paraît fondée, il rend une ordonnance qui doit être notifiée selon les formes légales. Pour le régime commercial, l’article 25 de la loi n° 53-95 prévoit que le débiteur dispose de huit jours à compter de la notification pour former le recours organisé par cet article. Ce délai ne doit pas être transposé au régime ordinaire de l’article 155 du Code de procédure civile, dont les règles de recours doivent être lues séparément.
Une ordonnance peut être obtenue en quelques jours ou en plusieurs semaines selon le tribunal, la charge du greffe et la qualité des pièces. Aucun délai pratique ne peut être garanti. Lorsque le débiteur exerce un recours et développe une contestation sérieuse, le dossier devient contradictoire et peut durer plusieurs mois. Après l’obtention d’un titre exécutoire, l’huissier procède au commandement et aux mesures d’exécution autorisées. Avant d’engager ces frais, une vérification de la solvabilité apparente du débiteur reste indispensable.
Lorsque l’injonction de payer ne correspond pas au dossier, une provision peut être demandée en référé si la dette est exigible et ne rencontre aucune contestation sérieuse. Devant le tribunal de commerce, l’article 21 de la loi n° 53-95 définit les pouvoirs du président statuant en référé. Le juge ne tranche pas un débat technique complet sur une malfaçon, une résiliation ou une compensation discutée. Une reconnaissance écrite du solde, accompagnée des preuves de livraison, rend cette voie plus crédible.
L’action au fond devient nécessaire lorsque le débiteur conteste sérieusement la commande, la qualité, le prix ou l’exécution. Le tribunal peut ordonner une expertise, entendre les arguments des deux parties et statuer sur les demandes reconventionnelles. Une affaire simple peut être jugée en plusieurs mois ; une expertise, un incident de procédure ou un appel peut porter la durée au-delà d’un an. La demande doit distinguer le principal, les intérêts, la clause pénale éventuelle, les dommages prouvés et les frais dont le remboursement est juridiquement possible.
La saisie conservatoire est organisée par les articles 452 à 458 du Code de procédure civile dans la numérotation consolidée utilisée en 2026. La saisie-arrêt entre les mains d’un tiers relève des articles 488 à 496, notamment lorsqu’une banque détient des fonds pour le débiteur. Ces références doivent toutefois être contrôlées sur Adala avant le dépôt de l’acte, particulièrement si une réforme procédurale entre en vigueur. Une autorisation, une dénonciation ou une validation irrégulière peut entraîner la mainlevée de la mesure.
Une mesure conservatoire suppose une créance paraissant fondée et un risque justifiant la protection des actifs. Le créancier peut viser un compte bancaire, une créance détenue par un client du débiteur ou certains biens saisissables. Il doit fournir au président des éléments concrets, pas seulement affirmer que le débiteur paie mal. Après le titre exécutoire, l’huissier peut poursuivre l’exécution selon la nature des biens. Un jugement favorable ne garantit cependant aucun encaissement si la société n’a plus d’actifs accessibles.
L’article 5 du Code de commerce prévoit en principe une prescription de cinq ans pour les obligations nées entre commerçants à l’occasion de leur commerce, sauf règle spéciale. Le délai commence généralement à l’exigibilité. Une action en justice, une reconnaissance de dette ou un autre acte interruptif légalement qualifié peut faire courir un nouveau délai. Si une sauvegarde, un redressement ou une liquidation judiciaire est ouvert, le créancier doit déclarer sa créance au syndic selon les articles applicables du livre V du Code de commerce, sans attendre l’issue de ses relances.
Les frais varient selon le montant, la juridiction et le nombre d’actes. Une injonction entraîne des droits liquidés par le greffe, des frais de copies, la notification par huissier et parfois une traduction ou une recherche d’adresse. Un acte simple d’huissier représente souvent quelques centaines de dirhams, mais le coût augmente avec les déplacements, les tentatives répétées, les saisies et les dénonciations. Le greffe et l’huissier doivent fournir le calcul applicable au dossier ; une estimation générale ne remplace pas un état de frais.
En 2026, les pratiques observées situent souvent les honoraires d’une injonction simple entre 3 000 et 8 000 DH hors taxes et débours. Une action au fond peut se situer entre 10 000 et 30 000 DH, voire davantage en présence d’une expertise, d’un appel ou d’un enjeu élevé. Ces montants ne constituent ni un barème légal ni un tarif imposé par un ordre. Ils doivent être révisés annuellement et confirmés par une convention d’honoraires ou un devis tenant compte des usages de l’ordre concerné.
L’erreur probatoire la plus fréquente consiste à produire une facture seule. L’article 334 du Code de commerce dispose que les documents comptables régulièrement tenus peuvent être admis par le juge comme preuve entre commerçants pour faits de commerce. Il ne doit donc pas être présenté isolément comme une formule générale autorisant toute preuve sans condition. La souplesse probatoire commerciale résulte d’une lecture d’ensemble du Code de commerce, du Code des obligations et contrats et de la jurisprudence, avec un pouvoir d’appréciation conservé par le juge.
Concrètement, le dossier doit raconter une histoire continue : offre acceptée, commande, livraison, réception, facture, échéance, relances et solde. Les conditions générales imprimées pour la première fois au verso de la facture ne sont pas nécessairement opposables, car elles doivent avoir été communiquées et acceptées au moment de la formation du contrat. Il faut aussi éviter d’attendre. Les interlocuteurs changent, les archives disparaissent, la prescription avance et les actifs peuvent être cédés bien avant qu’une action soit engagée.
L’avocat contrôle la qualité commerciale ou civile des parties, la juridiction compétente, la prescription et la valeur des écrits. Il peut rédiger la mise en demeure, négocier une reconnaissance de dette, vérifier une clause d’arbitrage puis choisir entre injonction, référé, action au fond et saisie. Pour un contrat international, il examine la loi applicable, la clause juridictionnelle, la notification à l’étranger et l’exequatur d’une décision étrangère. Son intervention ne garantit pas le paiement, mais elle réduit le risque d’engager une procédure inadaptée ou hors délai.
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