- tribunal droit de passage
- Le tribunal de première instance du lieu de situation de l’immeuble est normalement compétent pour le litige civil.
- requête servitude de passage
- La requête demande la reconnaissance, le tracé, l’indemnité ou la suppression du passage en visant tous les propriétaires concernés.
- expertise judiciaire terrain
- L’expert judiciaire vérifie l’enclavement, compare les trajets et évalue l’emprise ainsi que le préjudice.
- référé passage bloqué
- Le référé peut rétablir provisoirement un passage en cas d’urgence sans trancher définitivement l’existence de la servitude.
- appel jugement immobilier
- L’appel est en principe formé dans les trente jours de la notification du jugement, sous réserve des règles propres à la décision.
- radiation servitude titre foncier
- Une servitude inscrite ne disparaît du titre foncier qu’après dépôt d’un acte valable ou d’une décision judiciaire définitive.
Faute d’accord, l’action immobilière est portée devant le tribunal de première instance du lieu où se trouve le terrain, conformément à la règle territoriale de l’article 28 du Code de procédure civile. Le demandeur sollicite la reconnaissance ou la suppression de la servitude, la fixation du tracé et, si nécessaire, l’évaluation de l’indemnité. La requête doit identifier correctement tous les propriétaires. Une erreur sur le titre, l’indivision ou la qualité d’un héritier peut retarder l’affaire.
Le dossier utile comprend le certificat de propriété récent, le contrat d’acquisition, le plan cadastral, le plan topographique, les photographies datées, les autorisations d’urbanisme et la correspondance échangée. Sur un terrain non immatriculé, on ajoute les actes adoulaires, certificats administratifs et éléments établissant les limites. Un constat d’huissier peut prouver qu’un portail a été fermé ou que l’accès annoncé par l’adversaire est matériellement impraticable, sans remplacer l’analyse technique du géomètre.
Le tribunal peut ordonner une expertise sur le fondement des articles 55 et suivants du Code de procédure civile. L’expert examine l’enclavement, recherche plusieurs tracés, mesure leur emprise et estime le dommage. Les parties doivent assister aux opérations ou s’y faire représenter, remettre leurs pièces et formuler des observations écrites. Après le dépôt du rapport, elles peuvent en discuter les conclusions et demander un complément ou une nouvelle expertise, mais le juge n’est jamais juridiquement lié par l’avis de l’expert.
En cas d’obstruction brutale d’un passage effectivement utilisé, le président du tribunal peut être saisi en référé sur le fondement des articles 149 et 152 du Code de procédure civile. Le référé sert à ordonner une mesure provisoire lorsqu’il existe une urgence et que le fond du droit ne doit pas être définitivement tranché. Il ne faut pas le présenter comme un moyen automatique d’obtenir une servitude nouvelle. Si l’existence du droit est sérieusement contestée, le procès au fond restera nécessaire.
Le jugement du tribunal de première instance peut faire l’objet d’un appel, généralement dans les trente jours de sa notification selon l’article 134 du Code de procédure civile, sous réserve de la nature exacte de la décision. Un pourvoi en cassation peut ensuite être envisagé dans le délai légal, normalement trente jours selon l’article 358, mais la Cour de cassation ne rejuge pas les mesures du terrain. Elle contrôle la qualification juridique, la motivation et le respect des règles de procédure.
La disparition de l’enclavement, la réunion des deux fonds, la renonciation ou l’impossibilité définitive d’exercer la servitude peuvent justifier son extinction selon les dispositions du Code des droits réels, notamment son article 69. Le non-usage doit être prouvé avec prudence ; il ne suffit pas d’affirmer que personne n’est passé récemment. Si la servitude est inscrite au titre foncier, sa radiation exige un acte admissible par le conservateur ou une décision judiciaire définitive.