- jugement d’abandon
- Le tribunal doit déclarer l’enfant abandonné après les recherches, la publicité et le délai prévus par la loi n° 15-01.
- tribunal compétent kafala
- La demande est portée devant le juge chargé des affaires des mineurs du tribunal du lieu de résidence de l’enfant.
- dépôt dossier kafala
- La requête et ses justificatifs sont déposés au greffe de la section de la justice de la famille compétente.
- enquête du parquet kafala
- Le ministère public et les services sociaux vérifient l’identité, la moralité, les ressources et les conditions d’accueil.
- ordonnance de kafala
- Le juge confie la prise en charge par une décision judiciaire qui fixe les pouvoirs du kafil sans créer de filiation.
- procès-verbal de remise enfant
- La remise effective de l’enfant est constatée officiellement sous le contrôle du parquet.
- suivi après kafala
- Le juge conserve un pouvoir de contrôle sur la santé, la scolarité et les conditions de vie de l’enfant.
La première étape concerne la situation juridique de l’enfant. Lorsqu’un mineur paraît abandonné, le procureur du Roi auprès du tribunal de première instance prend les mesures urgentes de protection et fait effectuer les recherches utiles. La procédure comporte une publicité destinée à permettre aux parents de se manifester. L’article 6 de la loi n° 15-01 prévoit que le tribunal statue après l’écoulement du délai légal de trois mois suivant les mesures de publicité, si personne n’a établi sa qualité et réclamé l’enfant. Le jugement d’abandon doit donc précéder la kafala proprement dite.
La demande de kafala est présentée au juge chargé des affaires des mineurs du tribunal de première instance du lieu où réside l’enfant, conformément à l’article 14 de la loi n° 15-01. En pratique, le dossier est suivi au sein de la section de la justice de la famille. Déposer dans la ville où habite le candidat, alors que l’enfant se trouve dans un établissement relevant d’un autre ressort, peut entraîner un renvoi pour incompétence territoriale. Avant tout déplacement, demandez au greffe si le jugement d’abandon existe et sous quelle référence le dossier du mineur est enregistré.
La requête indique l’identité des candidats, l’enfant concerné et les garanties proposées. Elle est accompagnée des documents établissant le respect des conditions légales. Le juge ordonne ensuite l’enquête prévue à l’article 16, avec l’intervention du ministère public et des services administratifs ou sociaux compétents. Les entretiens peuvent se dérouler au tribunal, au domicile ou dans l’établissement d’accueil. Le parquet présente ses observations, mais la décision appartient au juge. Celui-ci peut réclamer un certificat actualisé, une nouvelle visite sociale ou la comparution personnelle des candidats.
Lorsque l’enquête est favorable et le dossier complet, le juge rend une ordonnance attribuant la kafala. La décision peut faire l’objet des voies de recours prévues par la loi et les règles de procédure applicables. La remise de l’enfant ne s’effectue pas sur présentation d’une simple photocopie. L’exécution intervient sous l’autorité du parquet, en présence des services concernés, puis un procès-verbal constate l’identité de l’enfant, celle du kafil et le début effectif de la prise en charge. Plusieurs expéditions certifiées de ces actes seront utiles pour les démarches ultérieures.
Après la remise, le kafil doit accomplir les démarches scolaires, médicales, sociales et, le cas échéant, consulaires. La kafala n’efface pas l’acte de naissance d’origine et n’autorise aucune modification spontanée de la filiation. Une éventuelle demande relative au nom patronymique suit la législation sur l’état civil et une procédure distincte. Pour un départ durable à l’étranger, il faut informer le juge, obtenir les autorisations exigées et présenter le jugement aux autorités du pays d’accueil. Un visa touristique ne remplace jamais cette procédure.
Le suivi judiciaire continue pendant la minorité. Le juge peut demander des rapports, ordonner des visites et vérifier la santé, la scolarisation ou les conditions matérielles de l’enfant. Le kafil doit signaler un déménagement important, une installation à l’étranger ou toute difficulté compromettant la prise en charge. Une défaillance grave peut entraîner la fin de la kafala et une nouvelle mesure de protection. En pratique, conservez les certificats de scolarité, les documents médicaux, les preuves de domicile et les échanges avec le consulat : ils facilitent le contrôle marocain comme les démarches étrangères.