Abdellah Kallouch
Maître Abdellah Kallouch, avocat inscrit au Barreau de Casablanca, vous accompagne et vous conseille dans vos démarches juridiques, aussi bien en contentieux qu’en consultation.

Vous saurez organiser la dissolution, apurer les dettes, régulariser la DGI et la CNSS, puis obtenir la radiation définitive de la société.
Nadia Berrada
Rédactrice juridique — droit fiscal
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La liquidation amiable d’une société au Maroc commence par une dissolution décidée par les associés. La dissolution met fin à l’activité sociale normale, tandis que la liquidation sert à vendre les actifs, recouvrer les créances, payer les dettes et répartir le solde. La société ne disparaît donc pas dès le vote. En application notamment de l’article 362 de la loi n° 17-95, sa personnalité morale subsiste pour les besoins de la liquidation jusqu’à la clôture et à la radiation du registre de commerce.
Pour une SARL ou une SNC, il faut consulter la loi n° 5-96, les statuts et, pour les mécanismes généraux de liquidation, les règles compatibles du droit des sociétés et du dahir formant Code des obligations et contrats. La SA relève principalement de la loi n° 17-95, notamment de ses articles 355 et suivants pour la dissolution et 361 et suivants pour la liquidation. Le registre de commerce est régi par les articles 37 et suivants de la loi n° 15-95 formant Code de commerce.
Le mot « amiable » ne signifie pas que le tribunal est absent. La décision appartient aux associés, mais les actes doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce du siège social, ou au tribunal de première instance compétent lorsqu’il n’existe pas de tribunal de commerce. Le greffe inscrit la dissolution, l’identité du liquidateur et, à la fin, la radiation. Les publications légales rendent ces décisions opposables aux créanciers, administrations, banques et autres tiers.
Attention à la frontière avec la procédure collective. Une société ayant encore des dettes peut être dissoute volontairement si elle dispose d’actifs ou de financements permettant de les payer. En revanche, lorsqu’elle est en cessation des paiements, c’est-à-dire incapable de régler son passif exigible avec son actif disponible, ses dirigeants doivent examiner les procédures prévues par le livre V du Code de commerce. Une liquidation amiable ne peut pas servir à écarter les créanciers ni à dissimuler l’insolvabilité.
Une société peut être dissoute à l’arrivée du terme prévu dans les statuts, après réalisation ou extinction de son objet, par une cause statutaire ou par décision anticipée des associés. Une décision judiciaire peut également intervenir pour juste motif. Avant de convoquer l’assemblée, le dirigeant doit relire les statuts, vérifier la durée de la société, identifier les majorités applicables et établir une situation comptable récente. Cette photographie évite de voter une liquidation irréalisable faute de trésorerie.
Les pertes constituent un cas sensible. Pour la SARL, l’article 86 de la loi n° 5-96 impose une consultation des associés lorsque la situation nette devient inférieure au quart du capital social. Pour la SA, un mécanisme comparable résulte de l’article 357 de la loi n° 17-95. Les associés choisissent alors entre dissolution anticipée et poursuite avec reconstitution des capitaux propres ou réduction du capital, selon les conditions et délais légaux.
Une liquidation amiable reste possible en présence de fournisseurs impayés, de comptes courants d’associés, de dettes fiscales ou de cotisations CNSS. Il faut cependant démontrer comment ces sommes seront réglées. Si l’actif est insuffisant, les associés peuvent décider d’apports complémentaires ou abandonner certaines créances dans un cadre comptable et fiscal régulier. Si le passif exigible ne peut réellement plus être payé, le liquidateur ou le dirigeant doit faire analyser sans délai l’existence d’une cessation des paiements.
Pour une SNC, les statuts et la volonté des associés sont particulièrement déterminants, car les associés répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales. Fermer la société ne fait pas disparaître les dettes antérieures. Dans une SARL à associé unique, l’associé prend une décision écrite au lieu de réunir une assemblée, mais conserve les mêmes obligations de publicité, de liquidation et de radiation. La transmission universelle du patrimoine n’est pas un automatisme applicable à toute dissolution unipersonnelle marocaine.
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Maître Raja El Mansouri Avocate au Barreau de Marrakech-Ouarzazate Maître Raja El Mansouri est avocate inscrite au Barreau de Marrakech-Ouarzazate, disposant d’une expérience significative dans l’accompagnement et la défense de ses clients devant les juridictions compétentes. Son activité est principalement orientée vers le droit immobilier, le droit civil, le droit pénal et le droit de la famille, domaines dans lesquels elle intervient tant en matière de conseil et d’accompagnement juridique qu’en matière contentieuse. Domaines d’intervention - Droit immobilier Maître Raja El Mansouri accompagne ses clients dans l’ensemble des problématiques relatives aux biens immobiliers et aux droits qui leur sont attachés, notamment : * Acquisitions et cessions de biens immobiliers ; * Vérification de la situation juridique et foncière des biens ; * Analyse des titres fonciers et des documents de propriété ; * Promesses, compromis et contrats de vente immobilière ; * Litiges relatifs à la propriété et à la possession ; * Indivision et partage des biens immobiliers ; * Successions comportant des biens immobiliers ; * Baux d’habitation, baux professionnels et baux commerciaux ; * Expulsions et litiges locatifs ; * Contentieux relatifs aux loyers et aux obligations des parties ; * Servitudes et droits réels immobiliers ; * Problématiques liées aux constructions, travaux et autorisations ; * Contentieux de la construction et désordres affectant les immeubles ; * Expertise judiciaire en matière immobilière et construction ; * Accompagnement juridique des investisseurs et propriétaires dans leurs opérations immobilières. - Droit civil Elle intervient également dans différents domaines du droit civil, notamment : * Droit des obligations et des contrats ; * Responsabilité civile contractuelle et délictuelle ; * Inexécution et mauvaise exécution des obligations contractuelles ; * Réparation et indemnisation des préjudices ; * Litiges relatifs aux contrats civils ; * Recouvrement de créances ; * Propriété et droits réels ; * Indivision, partage et liquidation ; * Litiges relatifs à la possession et à la propriété ; * Mise en demeure et procédures judiciaires ; * Mesures conservatoires et procédures d’urgence ; * Exécution des décisions judiciaires. - Droit pénal Maître Raja El Mansouri assure également la défense et l’assistance de ses clients dans le cadre de procédures pénales, notamment : * Assistance et défense des personnes poursuivies pénalement ; * Plaintes et dénonciations auprès des autorités compétentes ; * Constitution de partie civile ; * Défense des victimes d’infractions ; * Infractions contre les personnes et les biens ; * Infractions liées aux relations familiales et patrimoniales ; * Escroquerie, abus de confiance et autres infractions patrimoniales ; * Violences et atteintes aux personnes ; * Assistance lors des différentes étapes de la procédure pénale ; * Suivi des procédures devant les juridictions pénales ; * Défense des intérêts des victimes et des personnes mises en cause. - Droit de la famille Dans le domaine du droit de la famille, elle accompagne ses clients dans des situations nécessitant à la fois une expertise juridique et une approche particulièrement attentive aux enjeux humains, notamment : * Divorce et procédures de séparation ; * Divorce judiciaire et divorce par consentement ; * Pension alimentaire et obligations d’entretien ; * Garde des enfants et droit de visite ; * Filiation et établissement de la parenté ; * Reconnaissance et contestation de filiation ; * Mariage et effets juridiques du mariage ; * Conditions et procédures relatives au divorce ; * Partage et liquidation des biens entre époux ; * Successions et liquidation successorale ; * Partage des biens successoraux ; * Litiges entre héritiers ; * Tutelle et représentation des mineurs ; * Protection des droits et intérêts des enfants ; * Exécution des décisions rendues en matière familiale. Une approche fondée sur l’écoute et la défense des intérêts du client Maître Raja El Mansouri privilégie une approche reposant sur l’écoute, l’analyse approfondie de chaque situation et la recherche de solutions juridiques adaptées aux besoins de ses clients. Elle intervient aussi bien en amont des litiges, afin de prévenir et sécuriser les risques juridiques, que dans le cadre de procédures contentieuses, afin d’assurer la défense des droits et intérêts de ses clients devant les juridictions compétentes. Son expérience lui permet d’accompagner aussi bien les particuliers que les propriétaires, investisseurs et professionnels confrontés à des problématiques civiles, immobilières, pénales ou familiales.
Me. RAZINE OUSSAMA avocat au Barreau de Casablanca et Docteur en Droit des affaires et de l'arbitrage.
La procédure commence par la convocation régulière de l’assemblée générale extraordinaire. Dans une SARL, la convocation est normalement adressée au moins quinze jours avant la réunion selon l’article 71 de la loi n° 5-96, sous réserve d’une règle statutaire plus exigeante. Elle doit indiquer la dissolution anticipée, la nomination du liquidateur, ses pouvoirs, son siège de liquidation et sa rémunération. Pour une SA, les règles de convocation et de quorum de l’assemblée extraordinaire, notamment l’article 110 de la loi n° 17-95, doivent être respectées.
Dans la SARL, la dissolution anticipée constitue une modification des statuts et suit la majorité prévue par l’article 75 de la loi n° 5-96, avec vérification de la date de constitution et des règles transitoires applicables. Dans une SA, l’assemblée générale extraordinaire décide conformément à l’article 355 de la loi n° 17-95. Dans une SNC, l’unanimité est généralement nécessaire sauf aménagement statutaire valable. Il faut toujours contrôler les statuts plutôt que reprendre mécaniquement un modèle trouvé en ligne.
Le liquidateur peut être le gérant sortant, un associé ou un professionnel extérieur, notamment un avocat ou un expert-comptable. Son mandat doit préciser le pouvoir de représenter la société, recouvrer les créances, vendre les biens, transiger, licencier si nécessaire, fermer les comptes et agir en justice. Les actes dépassant la liquidation, comme la poursuite d’une activité nouvelle, ne sont pas permis. Pour une SA, les articles 364 et suivants de la loi n° 17-95 encadrent la désignation et les fonctions du liquidateur.
Le procès-verbal doit constater le résultat du vote, la date d’effet, l’adresse de liquidation et l’identité complète du liquidateur. Il faut également prévoir la remise des livres comptables, contrats, moyens bancaires, déclarations fiscales et dossiers du personnel. Concrètement, un inventaire contradictoire signé entre l’ancien dirigeant et le liquidateur protège les deux parties. Après la dissolution, tous les courriers, factures et actes doivent porter la dénomination sociale suivie de la mention « société en liquidation ».
Après signature du procès-verbal, un avis de dissolution doit être publié dans un journal d’annonces légales habilité et au Bulletin officiel lorsque le régime de la forme sociale l’exige. L’avis reprend la dénomination, la forme, le capital, le siège, le numéro du registre de commerce, la cause de dissolution, sa date, l’identité du liquidateur et le lieu de correspondance. Le décret n° 2-96-906 fixe les conditions et formes de publicité des actes concernant les sociétés commerciales.
Le dossier d’inscription modificative est déposé au greffe compétent. Il comprend généralement le procès-verbal certifié conforme, les formulaires du registre de commerce, les attestations de parution ou demandes d’insertion, une copie de la pièce d’identité du liquidateur, les statuts mis à jour si nécessaire et le justificatif du siège de liquidation. Des exemplaires supplémentaires sont souvent demandés. La liste opérationnelle doit être confirmée auprès du greffe ou sur les services électroniques de l’OMPIC et de la justice.
Les inscriptions modificatives et radiations relèvent notamment des articles 48 et suivants du Code de commerce. En pratique, le dossier est déposé dans le mois de l’acte afin d’éviter toute difficulté de publicité et d’opposabilité. Une dissolution non publiée reste difficilement opposable aux tiers. L’ancien gérant risque alors de continuer à recevoir des mises en demeure, tandis que les banques ou administrations peuvent refuser de reconnaître les pouvoirs du liquidateur.
En 2026, les droits de greffe d’une inscription modificative sont couramment compris entre 200 et 400 dirhams, hors copies et légalisation. Une insertion dans un journal d’annonces légales coûte généralement entre 800 et 2 000 dirhams, et une insertion au Bulletin officiel entre 500 et 1 500 dirhams selon la longueur. Ces fourchettes proviennent des tarifs affichés ou pratiqués à Casablanca et Rabat ; elles doivent être confirmées avant dépôt, car aucun prix unique ne couvre tous les journaux.
Le liquidateur commence par arrêter un inventaire : trésorerie, comptes clients, stocks, véhicules, matériel, immeubles, dettes fournisseurs, emprunts, impôts, salaires et cotisations sociales. Il rapproche cet inventaire de la comptabilité et des relevés bancaires. Il doit ensuite recouvrer les créances et vendre les biens à des conditions défendables. Une vente à vil prix à un associé ou à un proche peut engager sa responsabilité et être contestée par un créancier ou l’administration fiscale.
Le passif doit être payé avant toute restitution aux associés. Les salariés, organismes sociaux, créanciers bénéficiant de sûretés, Trésor et créanciers ordinaires ne disposent pas tous des mêmes garanties ; l’ordre concret dépend de la nature des créances et des privilèges légaux. Un associé ne doit donc pas récupérer son compte courant ou son apport au détriment d’un créancier prioritaire. Lorsqu’une dette est contestée, le liquidateur constitue une provision suffisante ou attend l’issue du litige avant de partager le solde.
Pendant cette période, la société conserve une comptabilité, un compte bancaire et ses obligations déclaratives. Le liquidateur prépare des comptes de liquidation et rend compte aux associés, spécialement lorsque la procédure se prolonge. Il conserve les factures de cession, quittances, soldes de tout compte, attestations fiscales et preuves de paiement. Les articles 361 et suivants de la loi n° 17-95 imposent, pour les SA, un fonctionnement orienté exclusivement vers les besoins de la liquidation.
Après paiement du capital remboursable, l’excédent constitue le boni de liquidation. Il est réparti selon les droits des associés, sauf clause statutaire licite différente. Si l’actif ne suffit pas à restituer les apports, il existe un mali de liquidation. Dans une SARL, les associés ne supportent normalement les pertes qu’à concurrence de leurs apports, sauf caution personnelle, faute de gestion ou engagement distinct ; la responsabilité indéfinie des associés de SNC produit une situation très différente.
La dissolution au registre de commerce ne ferme pas automatiquement le dossier fiscal. L’article 150 du Code général des impôts prévoit, pour la cessation totale, une déclaration à déposer dans les quarante-cinq jours suivant la date de cessation, et non trente jours comme l’indiquent encore de nombreux modèles anciens. La date de dissolution et la date de cessation effective doivent être coordonnées avec le comptable. Les déclarations de résultat, retenues à la source et autres obligations restent dues jusqu’à la clôture fiscale régulière.
La TVA exige un contrôle précis des stocks, immobilisations et déductions antérieures. La vente d’un actif peut être taxable, tandis que la conservation ou l’attribution de certains biens peut entraîner une régularisation selon les articles 101 et suivants du CGI. Il faut aussi traiter l’impôt sur les sociétés, les plus-values, la taxe professionnelle régie par la loi n° 47-06 et les retenues liées aux salariés ou prestataires. Cesser de déposer les déclarations avant la radiation expose à des majorations et relances automatiques.
Le boni distribué constitue un produit d’actions, parts sociales ou revenus assimilés. Le taux de retenue applicable doit être contrôlé à la date de mise en paiement et selon la qualité du bénéficiaire. Après la réduction progressive introduite par les lois de finances, le taux de droit interne applicable aux produits distribués à compter de 2026 est en principe de 10 %, sous réserve des règles transitoires et des conventions fiscales pour les non-résidents. Le liquidateur déclare et reverse la retenue avant de payer le net.
Pour la CNSS, l’employeur déclare les derniers salaires, règle les cotisations et demande la radiation de son affiliation employeur. Sur Damancom, les périodes sans salaire doivent aussi être cohérentes avec la cessation. Le certificat ou l’attestation de situation CNSS est fréquemment demandé dans le dossier pratique. Côté DGI, le greffe peut réclamer une attestation de régularité ou de cessation selon sa checklist, même si la terminologie « quitus fiscal » ne correspond pas toujours à un document légal uniforme délivré automatiquement.
Lorsque toutes les opérations sont terminées, le liquidateur établit le bilan définitif, son rapport et un projet de répartition. Il convoque les associés pour approuver les comptes, lui donner quitus pour sa gestion, constater la clôture et mettre fin à son mandat. Le quitus interne ne couvre pas une fraude ou une faute dissimulée. Pour une SA, les articles 381 et suivants de la loi n° 17-95 organisent la clôture et les recours lorsque l’assemblée ne peut pas statuer.
Le dossier de radiation comprend généralement le procès-verbal de clôture, les comptes définitifs, le rapport du liquidateur, les formulaires du registre de commerce, les justificatifs de publication et les pièces fiscales ou sociales demandées localement. Le greffe peut aussi réclamer l’original de l’extrait du registre de commerce ou une déclaration relative aux livres sociaux. Les exigences pratiques variant d’une juridiction à l’autre, il est prudent de demander une checklist datée avant de faire légaliser et multiplier les exemplaires.
Un avis de clôture est ensuite publié conformément aux règles applicables à la forme sociale et au décret n° 2-96-906. Cet avis identifie la société, la date de l’assemblée, l’approbation des comptes, la clôture et le lieu où les documents ont été déposés. Le liquidateur sollicite ensuite la radiation au registre local ; l’information alimente le registre central tenu par l’OMPIC. Il faut conserver un extrait ou certificat de radiation plutôt que se contenter du récépissé de dépôt.
À Casablanca et Rabat, un dossier complet est souvent traité en quinze à trente jours ouvrés, mais ce délai n’est ni légal ni garanti. Une pièce fiscale manquante, une publication incorrecte ou une discordance d’adresse peut entraîner plusieurs rejets. Les droits de radiation sont habituellement de 200 à 400 dirhams en 2026, hors copies et annonces. Les livres et pièces comptables doivent rester conservés pendant les délais légaux, notamment le délai de dix ans prévu pour les documents comptables commerciaux.
Pour une SARL sans salarié, immeuble, litige ni passif complexe, le coût global constaté en 2026 se situe généralement entre 8 000 et 30 000 dirhams. Cette estimation praticienne inclut environ 400 à 800 dirhams de droits de greffe cumulés, deux séries de publications pouvant représenter 2 600 à 7 000 dirhams et des honoraires de liquidateur ou de conseil souvent compris entre 5 000 et 20 000 dirhams. Les arriérés fiscaux, CNSS et dettes commerciales s’ajoutent naturellement à ce budget.
Un acte notarié n’est pas automatiquement obligatoire pour dissoudre une SA, une SARL ou une SNC. Il peut toutefois devenir nécessaire lorsqu’une opération de liquidation porte sur un immeuble ou exige une forme authentique. Dans ce cas, les frais ne se limitent pas à une enveloppe fixe de rédaction : émoluments, droits d’enregistrement, conservation foncière et fiscalité dépendent de l’acte et de la valeur du bien. Il faut demander un devis chiffré avant toute cession.
Une liquidation simple dure généralement de quatre à douze mois. Il n’existe pas de durée minimale générale de quatre mois, mais les publications, la vente des actifs et la régularisation fiscale rendent rarement une clôture immédiate réaliste. Le traitement fiscal prend fréquemment un à trois mois après dépôt d’un dossier complet. Avec un contrôle fiscal, un contentieux salarié, des créances difficiles ou un patrimoine immobilier, la durée peut atteindre douze à vingt-quatre mois, voire davantage.
L’associé MRE ou non-résident peut transférer à l’étranger le produit net de liquidation si l’investissement initial bénéficie du régime de convertibilité et si sa traçabilité en devises est établie. La banque demande habituellement les justificatifs d’importation de devises, statuts, procès-verbaux, comptes de liquidation, preuve fiscale et certificat de radiation. Si l’attestation bancaire initiale est ancienne ou perdue, il faut reconstituer le dossier avant le partage. La retenue fiscale et une éventuelle convention internationale doivent aussi être vérifiées.
L’erreur la plus courante consiste à traiter la dissolution comme une simple formalité de registre de commerce. La société continue pourtant à recevoir des déclarations fiscales, des appels CNSS et des courriers de créanciers. Une autre erreur est de clôturer le compte bancaire trop tôt, avant les derniers paiements et remboursements. Le calendrier doit relier la date comptable de cessation, les déclarations DGI, la radiation CNSS, les publications et la radiation commerciale.
Il faut aussi éviter de distribuer la trésorerie avant d’avoir identifié toutes les dettes. Un contrôle fiscal peut encore intervenir dans les délais de reprise prévus notamment par l’article 232 du CGI. Une provision doit couvrir les litiges et impositions raisonnablement prévisibles. De même, attribuer un véhicule, un stock ou un immeuble à un associé sans valorisation, facture et traitement fiscal peut entraîner un redressement ou une action en responsabilité contre le liquidateur.
Une publication incomplète, une majorité mal calculée ou des pouvoirs imprécis provoquent fréquemment un rejet du greffe. Les statuts, le registre de commerce et le procès-verbal doivent utiliser exactement la même dénomination, la même adresse et le même numéro d’immatriculation. Attention également aux sociétés ayant changé de siège sans régularisation préalable : la dissolution ne corrige pas automatiquement l’ancienne irrégularité. Il faut parfois effectuer d’abord l’inscription modificative manquante.
L’avocat intervient utilement avant le vote lorsqu’il existe des associés en conflit, des cautions bancaires, des salariés, un immeuble ou un associé non-résident. Il sécurise les procès-verbaux, coordonne comptable et liquidateur, vérifie les créances, répond au greffe et organise les transferts de fonds autorisés. Son rôle n’est pas de garantir la radiation, mais de détecter les obstacles et de documenter chaque opération pour limiter les contestations après la disparition de la société.
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