Droit immobilier|23 min de lecture

Expulsion locataire au Maroc : procédure complète, délais et documents requis en 2026

Ce guide permet au propriétaire de vérifier son motif, préparer les preuves et suivre chaque étape jusqu’à la récupération légale du bien.

Salma Tazi

Rédactrice juridique — droit de la famille

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Cadre légal de l’expulsion locataire au Maroc : ce que dit la loi 67-12

loi 67-12 logement locatif Maroc
La loi 67-12 régit les rapports locatifs portant sur les locaux à usage d’habitation ou professionnel.
Code des obligations et contrats bail Maroc
Les articles 627 à 699 du DOC complètent le régime du bail lorsque la loi spéciale ne répond pas à la difficulté.
bail commercial Maroc loi applicable
Les baux commerciaux, industriels et artisanaux remplissant les conditions légales relèvent principalement de la loi 49-16.
bail verbal Maroc valeur juridique
Le bail verbal rend la preuve plus difficile, mais l’occupation et les paiements peuvent établir l’existence d’une relation locative.
tribunal compétent expulsion locataire Maroc
Le tribunal territorialement compétent est normalement celui du lieu de situation du bien loué.
expulsion sans jugement Maroc
Une expulsion forcée ne peut pas être exécutée par le bailleur sans décision ou autre titre légalement exécutoire.

L’expulsion locataire au Maroc ne repose pas sur un seul texte. Pour un logement ou un local à usage professionnel, le texte principal est la loi n° 67-12 relative aux rapports contractuels entre les bailleurs et les locataires des locaux à usage d’habitation ou professionnel, promulguée par le dahir n° 1-13-111 du 19 novembre 2013. Le Code des obligations et contrats, notamment ses articles 627 à 699 consacrés au louage, complète cette loi lorsque celle-ci ne règle pas expressément la question.

Attention à une confusion fréquente : la loi 67-12 ne régit pas les baux commerciaux, industriels ou artisanaux répondant aux conditions de la loi n° 49-16, promulguée par le dahir n° 1-16-99 du 18 juillet 2016. Un magasin exploité avec un fonds de commerce peut donc relever de la loi 49-16, tandis qu’un cabinet professionnel sans activité commerciale relève généralement de la loi 67-12. La qualification du bail détermine le congé applicable, l’éventuelle indemnité d’éviction et parfois la juridiction compétente.

L’article 3 de la loi 67-12 prévoit que le bail est établi par écrit avec date certaine et comporte notamment l’identité des parties, la description des locaux, leur destination, le loyer et les charges. Un bail verbal ne permet toutefois pas au propriétaire de reprendre lui-même les lieux. Son existence peut être discutée au moyen des quittances, virements, messages, témoignages admissibles ou reconnaissances du locataire, mais la preuve devient nettement plus délicate.

La demande concernant un logement est, en principe, portée devant le tribunal de première instance du lieu où se situe l’immeuble. Une demande urgente et fondée sur une obligation peu contestable peut être présentée au président de ce tribunal statuant en référé, conformément aux articles 149 et suivants du Code de procédure civile. Si le motif, le montant de la dette ou la nature du bail exige un examen approfondi, l’affaire doit être jugée au fond.

Le propriétaire ne peut ni changer les serrures, ni retirer les meubles, ni faire sortir physiquement l’occupant de sa propre initiative. L’entrée ou le maintien dans le domicile d’autrui par fraude, menace ou violence peut notamment relever de l’article 441 du Code pénal. Même après l’expiration du contrat, l’expulsion forcée suppose un titre exécutoire et l’intervention des organes d’exécution, sauf départ volontaire constaté dans un accord écrit.

Conditions légales pour expulser un locataire au Maroc

non-paiement loyer Maroc expulsion
Les loyers échus et non réglés peuvent fonder une demande de paiement, de résiliation et d’expulsion après la formalité adaptée.
dégradations graves logement loué
Les dommages dépassant l’usure normale doivent être établis par des preuves précises, idéalement un constat d’huissier et une expertise.
expiration bail locataire refuse de partir
L’expiration du contrat doit être accompagnée d’un congé valable lorsque la loi ou la situation locative l’exige.
reprise logement pour habiter Maroc
La reprise personnelle suppose un besoin réel, un bénéficiaire légalement admis et un congé motivé conforme à la loi 67-12.
troubles de voisinage locataire Maroc
Des nuisances répétées peuvent justifier la résiliation lorsqu’elles sont suffisamment graves et objectivement prouvées.
changement destination local loué
L’utilisation du bien pour une activité interdite par le bail peut constituer une inexécution contractuelle justifiant sa résiliation.

Le juge n’ordonne pas une expulsion simplement parce que les relations entre les parties se sont dégradées. Le bailleur doit invoquer un motif sérieux et le prouver. Pour les locaux relevant de la loi 67-12, l’article 45 exige que le congé soit fondé sur un motif sérieux et légitime. Il cite notamment la reprise pour habitation, la démolition ou les réparations importantes nécessitant le départ, ainsi que le défaut de paiement du loyer.

Le non-paiement est le motif le plus courant. Les articles 23 à 27 de la loi 67-12 organisent une procédure particulière de recouvrement lorsque la créance locative est déterminée et exigible. Concrètement, le bailleur doit identifier les mois impayés, le montant du loyer et les sommes déjà reçues. Si le locataire présente des quittances, invoque des travaux imputables au propriétaire ou conteste sérieusement le montant, le juge peut exiger un débat au fond.

L’usage contraire au contrat peut également justifier une résiliation : transformation d’un logement en activité commerciale, nuisances établies, dégradations graves ou occupation contraire à la destination convenue. Une simple affirmation du voisinage suffit rarement. Il faut, selon le cas, un procès-verbal de constat, des rapports techniques, des plaintes, des photographies datées ou des décisions administratives. Le juge apprécie la gravité du manquement et vérifie s’il rend réellement impossible le maintien du bail.

La reprise pour habitation personnelle obéit à des conditions plus strictes qu’un simple souhait du propriétaire. Le congé doit désigner son bénéficiaire et respecter les articles 45 et suivants de la loi 67-12. Le bailleur doit pouvoir démontrer la réalité du besoin et remplir les conditions légales relatives à la propriété et au logement disponible. Une reprise fictive expose à une demande d’indemnisation si le local n’est pas occupé conformément au motif annoncé.

L’arrivée du terme contractuel ne produit pas toujours une expulsion automatique. Si le locataire reste dans les lieux avec l’accord, même tacite, du bailleur, une reconduction peut être invoquée. Il faut examiner la durée du bail, la clause de renouvellement, les loyers encaissés après l’échéance et le congé délivré. En pratique, continuer à recevoir plusieurs mois de loyer sans réserve peut affaiblir l’argument tiré de la seule expiration.

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Mise en demeure et congé : préparer l’expulsion avant le tribunal

mise en demeure locataire Maroc modèle
La mise en demeure doit détailler l’obligation inexécutée, les sommes réclamées, le délai accordé et les conséquences du défaut d’exécution.
délai paiement loyer mise en demeure Maroc
La procédure spéciale des articles 23 à 27 de la loi 67-12 prévoit un délai de quinze jours pour régler la créance visée.
congé bail Maroc
Le congé fondé sur l’article 45 doit être motivé et laisser au locataire un délai d’au moins deux mois.
huissier mise en demeure locataire
La signification par huissier sécurise la preuve de la date, du contenu et de la remise de l’acte.
lettre recommandée locataire Maroc
La lettre recommandée doit être conservée avec sa copie intégrale, son reçu d’envoi et l’accusé de réception ou le pli retourné.

Avant de saisir le tribunal, il faut distinguer la mise en demeure de payer du congé aux fins d’évacuation. La première réclame l’exécution d’une obligation, généralement le paiement de loyers déterminés. Le second annonce la volonté de mettre fin au bail pour un motif légal. Selon la demande envisagée, ces actes peuvent se succéder ou être articulés dans une même stratégie, mais leurs contenus et leurs effets ne doivent pas être confondus.

Pour les impayés relevant des articles 23 à 27 de la loi 67-12, le commandement doit permettre au locataire de connaître exactement la créance réclamée. Il faut indiquer le bien, le contrat, les mois concernés, le loyer mensuel, les paiements imputés et le solde. L’article 24 prévoit un délai de quinze jours dans cette procédure spéciale de recouvrement. Une somme globale sans détail ouvre la voie à une contestation et peut faire échouer la procédure accélérée.

Pour mettre fin au bail sur un motif de l’article 45, l’article 46 de la loi 67-12 impose un congé comportant le motif invoqué et accordant au locataire un délai d’au moins deux mois. Le document doit identifier sans ambiguïté le bailleur, le locataire et les locaux concernés. En cas de reprise personnelle, il faut préciser la personne destinée à occuper le logement. Une formule vague, telle que « besoin personnel », est plus facile à contester.

La remise par huissier de justice est généralement la solution la plus sûre, car elle établit le contenu de l’acte, sa date et les circonstances de la signification. La lettre recommandée avec accusé de réception peut convenir dans certains cas, mais elle devient problématique si le pli revient non réclamé ou si son contenu n’est pas démontrable. Les règles de notification de l’article 39 du Code de procédure civile doivent également être prises en compte une fois l’instance engagée.

Si le locataire paie après la mise en demeure, il faut vérifier ce que couvre exactement le versement. Un paiement partiel ne règle pas nécessairement la dette, tandis qu’un encaissement sans réserve peut nourrir un débat sur la poursuite du bail. Le bailleur doit délivrer une quittance fidèle, éviter toute double réclamation et conserver un décompte actualisé. Une comptabilité imprécise transforme souvent un dossier d’impayés simple en contentieux de plusieurs mois.

Procédure d’expulsion locataire au Maroc étape par étape

juge des référés expulsion locataire Maroc
Le référé convient surtout lorsque l’urgence est établie et que le droit du bailleur ne se heurte pas à une contestation sérieuse.
requête en expulsion Maroc
La requête doit préciser les parties, le bien, les faits, le fondement juridique et chacune des condamnations demandées.
audience expulsion locataire Maroc
À l’audience, chaque partie peut produire ses preuves, répondre aux arguments adverses et solliciter les mesures utiles.
appel jugement expulsion Maroc
Le délai est généralement de trente jours au fond et de quinze jours en référé, à compter de la notification régulière.
exécution forcée expulsion huissier Maroc
L’huissier signifie le titre exécutoire, commande le départ puis organise l’évacuation dans les formes légales.
force publique expulsion Maroc
L’assistance des autorités doit être sollicitée officiellement lorsque l’occupant empêche l’exécution par l’huissier.

La première décision consiste à choisir entre le référé, la procédure spéciale de recouvrement et l’action au fond. Le président du tribunal de première instance peut intervenir en référé sur le fondement des articles 149 et suivants du Code de procédure civile lorsque l’urgence existe et que la mesure demandée ne tranche pas une contestation sérieuse. Le référé ne doit pas servir à résoudre un désaccord complexe sur la propriété, l’existence du bail ou d’importants travaux prétendument compensés par les loyers.

L’action commence par une requête identifiant les parties, l’immeuble, le motif et les demandes. Le bailleur peut réclamer la résiliation, l’expulsion du locataire et de tout occupant de son chef, les loyers échus, l’indemnité d’occupation après résiliation, les dommages prouvés et les dépens. L’article 32 du Code de procédure civile fixe les mentions essentielles de la requête. Le dossier est déposé au greffe du tribunal compétent, puis enregistré et appelé à une audience.

Le locataire est convoqué conformément à l’article 39 du Code de procédure civile. Il peut payer, contester la dette, soulever l’irrégularité du congé ou demander une expertise. Si son adresse est incertaine ou s’il refuse l’acte, l’huissier doit appliquer les formes légales et dresser un procès-verbal précis ; le propriétaire ne peut pas simplement déclarer qu’il est introuvable. À Casablanca, un dossier incomplet est fréquemment renvoyé, ce qui fait perdre plusieurs semaines.

Après les échanges de conclusions et de pièces, le tribunal met l’affaire en délibéré puis rend sa décision. L’appel d’un jugement au fond est, en principe, formé dans les trente jours de sa notification selon l’article 134 du Code de procédure civile. Pour une ordonnance de référé, l’article 153 du même code prévoit un délai de quinze jours à compter de la notification, sauf disposition spéciale. L’appel est normalement suspensif, sous réserve de l’exécution provisoire légalement applicable ou ordonnée.

Une fois la décision exécutoire, une expédition revêtue de la formule exécutoire est remise à l’huissier. Celui-ci signifie la décision et commande au locataire de libérer les lieux. L’article 436 du Code de procédure civile prévoit en principe un délai de dix jours après notification avant l’exécution, sauf urgence ou disposition contraire. Si l’occupant résiste, l’huissier consigne la difficulté et sollicite, par les voies officielles, l’assistance nécessaire.

Le jour de l’expulsion, l’huissier dresse un procès-verbal, constate l’état des lieux et traite les biens laissés sur place selon les instructions judiciaires et les règles d’exécution. Le propriétaire ne doit ni vendre ni jeter ces objets de sa propre initiative. Le concours de la force publique n’est pas automatique et peut ajouter deux à six semaines, parfois davantage. Après remise des clés, il reste souvent à poursuivre le recouvrement des loyers contre les revenus ou biens saisissables du débiteur.

Documents requis pour constituer un dossier d’expulsion solide

contrat de bail dossier expulsion Maroc
Le contrat original ou une copie exploitable établit la destination du local, le loyer, la durée et les obligations convenues.
certificat de propriété ANCFCC
Un certificat récent délivré par l’ANCFCC permet de démontrer la situation juridique d’un bien immatriculé.
preuve loyer impayé Maroc
Le décompte doit être appuyé par les quittances, virements, reçus et relevés montrant les échéances réellement impayées.
preuve mise en demeure locataire
Le dossier doit contenir l’acte complet et la preuve certaine de sa signification ou de sa réception.
PV huissier dégradations logement
Le procès-verbal d’huissier décrit objectivement l’état des lieux sans remplacer une expertise technique lorsqu’elle est nécessaire.
procuration Marocain résidant à l’étranger
La procuration doit identifier le bien, le mandataire et les pouvoirs judiciaires accordés, avec les formalités internationales requises.

Le premier bloc de pièces établit le droit du bailleur. Il comprend le contrat de bail et ses avenants, une copie de la carte nationale d’identité, ainsi qu’un certificat de propriété récent lorsque le bien est immatriculé. Pour un immeuble en cours d’immatriculation, il faut produire les références de la réquisition et les actes disponibles. Une société ajoute son certificat d’immatriculation, ses statuts utiles et le document établissant les pouvoirs de son représentant.

Le deuxième bloc prouve la relation locative et son exécution. Il faut classer les quittances, relevés bancaires, reçus, échanges électroniques et décomptes mois par mois. Le tableau doit séparer le loyer, les charges justifiées, les versements et le solde. En présence d’un bail verbal, les anciennes quittances, les virements portant la mention « loyer » et les messages du locataire sont particulièrement utiles. Les témoignages peuvent compléter le dossier, mais rarement remplacer toutes les preuves écrites.

Le troisième bloc concerne la formalité préalable. Il comprend l’original ou la copie certifiée de la mise en demeure, du commandement ou du congé, avec le procès-verbal de signification, l’accusé de réception et, le cas échéant, le pli retourné. La date de remise doit être lisible afin de calculer le délai de quinze jours ou le préavis de deux mois applicable. Sans preuve de notification régulière, le tribunal peut déclarer la demande prématurée ou irrecevable.

Les motifs matériels exigent des pièces adaptées. Pour des dégradations, produisez l’état des lieux d’entrée, un constat d’huissier, des photographies datées, des devis et, si nécessaire, une expertise. Pour une sous-location, rassemblez les annonces, déclarations d’occupants, constats et documents montrant une contrepartie financière. Pour des troubles, joignez les plaintes, procès-verbaux ou attestations précises. Une photographie isolée ou un témoignage général ne démontre pas toujours un manquement suffisamment grave.

Avant le dépôt, les pièces doivent être numérotées, lisibles et communiquées en nombre suffisant. Les documents rédigés dans une langue étrangère peuvent nécessiter une traduction par un traducteur assermenté. Un Marocain résidant à l’étranger peut agir par procuration répondant aux exigences de légalisation ou d’apostille applicables, selon le pays de signature. Concrètement, il vaut mieux vérifier cette procuration avant l’envoi du dossier, car sa régularisation depuis l’étranger retarde rapidement l’audience.

Délais et coût d’une procédure d’expulsion au Maroc en 2026

délai référé expulsion Maroc
Une ordonnance peut intervenir en deux à six semaines, mais la récupération effective du bien demande souvent plusieurs mois.
délai procédure expulsion au fond
Une première instance au fond dure couramment de six à dix-huit mois selon la juridiction et les incidents.
honoraires avocat expulsion locataire Maroc
Les honoraires sont convenus librement et se situent souvent entre 3 000 et 15 000 DH hors dossier exceptionnel.
prix huissier expulsion Maroc
Les significations coûtent couramment 150 à 600 DH par acte et l’intervention d’exécution environ 800 à 2 500 DH.
coût total procédure expulsion Maroc
Le budget pratique va souvent de 5 000 à 10 000 DH pour un dossier simple et de 15 000 à 30 000 DH pour un contentieux complexe.
délai expulsion Casablanca
À Casablanca, l’encombrement peut porter une procédure au fond à dix ou dix-huit mois avant les recours et l’exécution.

Aucun délai unique ne peut être garanti. En pratique observée en 2025-2026, une ordonnance de référé peut être obtenue en deux à six semaines lorsque la convocation aboutit et que le dossier est complet. L’exécution effective ajoute fréquemment deux à quatre mois. Une action au fond dure plutôt de six à dix-huit mois en première instance, auxquels peuvent s’ajouter l’appel, une expertise, une difficulté d’exécution ou la recherche d’une nouvelle adresse.

Les écarts entre villes tiennent surtout à l’encombrement des rôles et aux renvois. À titre indicatif, et non comme statistique officielle, une affaire au fond peut prendre environ dix à dix-huit mois à Casablanca, huit à quatorze mois à Rabat et six à douze mois à Marrakech. Les délais peuvent être plus courts dans une juridiction moins chargée. Une notification infructueuse, une pièce manquante ou une demande d’expertise suffit toutefois à bouleverser ces fourchettes.

Pour le budget, il faut distinguer les taxes et avances de greffe, les significations, l’exécution et les honoraires. Les débours initiaux de greffe et formalités sont souvent de quelques centaines de dirhams, mais varient selon les demandes pécuniaires et les actes nécessaires. En 2026, il est prudent de demander au greffe un décompte actualisé plutôt que de se fier à un montant forfaitaire. Les traductions, certificats fonciers et expertises sont facturés séparément.

Une signification simple par huissier revient couramment à environ 150 à 600 DH par acte, déplacement et débours éventuels en sus. L’intervention d’exécution sur place représente souvent 800 à 2 500 DH, voire davantage si plusieurs vacations, un serrurier, un transport ou des mesures particulières sont nécessaires. Ces chiffres sont des fourchettes pratiques constatées, et non un devis universel. L’huissier doit être interrogé sur le tarif réglementé, les débours et chaque prestation supplémentaire.

Les honoraires d’avocat sont librement convenus avec le client et ne suivent pas un barème obligatoire unique. Une procédure locative relativement simple se situe souvent entre 3 000 et 8 000 DH hors appel ; un dossier au fond, fortement contesté ou assorti de demandes financières peut atteindre 8 000 à 15 000 DH. Avec appel et incidents d’exécution, le montant peut dépasser 20 000 DH. Une convention écrite doit préciser les diligences, taxes et débours compris.

Au total, un référé non contesté peut représenter environ 5 000 à 10 000 DH, tandis qu’une affaire au fond avec appel et exécution forcée peut atteindre 15 000 à 30 000 DH ou plus. Ces estimations pratiques pour 2026 ne constituent pas un tarif officiel. Le bailleur gagnant peut demander les dépens, mais ceux-ci ne couvrent pas nécessairement l’intégralité de ses honoraires et leur récupération dépend de la solvabilité du locataire.

Sous-location, locataire absent et bail commercial : les cas particuliers

sous-location sans autorisation Maroc
Une sous-location contraire au contrat peut justifier la résiliation si son existence et la violation de la clause sont prouvées.
preuve sous-location locataire
Les annonces, paiements, écrits, témoignages précis et constats peuvent établir l’occupation rémunérée par un tiers.
locataire introuvable Maroc
L’absence du locataire impose des tentatives régulières de notification et ne permet pas au propriétaire de reprendre seul les lieux.
expulsion bail commercial Maroc
Le bail commercial relève principalement de la loi 49-16 et peut ouvrir droit à une indemnité d’éviction.
loyers impayés et dommages intérêts
Le bailleur peut demander les arriérés et la réparation d’un préjudice distinct à condition de les justifier séparément.
affaires laissées par le locataire
Les meubles abandonnés doivent être constatés et traités selon la procédure d’exécution, sans vente ou destruction unilatérale.

La sous-location n’entraîne pas automatiquement l’expulsion dans toutes les situations. Il faut d’abord lire le contrat et appliquer les dispositions de la loi correspondant au bail. Si une clause exige l’autorisation écrite du propriétaire et que le locataire sous-loue malgré l’interdiction, le bailleur peut demander la résiliation pour inexécution. Il doit néanmoins prouver une véritable sous-location, c’est-à-dire l’occupation d’un tiers assortie d’un accord et généralement d’une contrepartie, plutôt qu’un simple hébergement familial.

Un constat d’huissier peut relever les noms présents sur la boîte aux lettres, les déclarations recueillies et l’usage apparent des lieux, mais l’huissier ne peut pas forcer l’entrée sans titre. Les annonces publiées en ligne, contrats découverts légalement, échanges écrits ou paiements constituent des compléments utiles. La requête doit viser l’expulsion du locataire et des occupants de son chef. Sinon, l’exécution peut se heurter à un tiers prétendant disposer d’un droit autonome.

Lorsqu’un locataire a disparu, la procédure n’est pas remplacée par une reprise clandestine des lieux. La convocation doit être tentée à l’adresse connue selon l’article 39 du Code de procédure civile et les constatations de l’agent chargé de la notification doivent être précises. Si le logement paraît abandonné, il faut faire constater les indices sans déplacer les effets personnels. Le tribunal décidera si les conditions permettent de résilier le bail et d’organiser légalement la restitution.

Pour un commerce, la loi 49-16 change profondément l’analyse. Le congé, sa motivation, les délais et l’indemnité d’éviction doivent être examinés au regard de cette loi, notamment lorsque le locataire exploite un fonds de commerce depuis la durée requise. Certains manquements graves ou défauts de paiement peuvent supprimer ou réduire l’indemnité, mais cela ne dispense pas de la procédure. Selon la qualité des parties et la nature du litige, le tribunal de commerce peut être compétent en application de la loi n° 53-95.

Le bailleur peut cumuler l’expulsion avec une demande de loyers, d’indemnité d’occupation et de réparation du dommage, à condition de chiffrer et prouver chaque poste. L’article 263 du Code des obligations et contrats fonde l’indemnisation du préjudice résultant de l’inexécution. Toutefois, obtenir une condamnation ne garantit pas son paiement. Une enquête sur les actifs saisissables et une stratégie de recouvrement sont parfois aussi importantes que le jugement d’expulsion lui-même.

Erreurs fréquentes et rôle de l’avocat en droit immobilier

couper eau électricité locataire Maroc
La coupure destinée à forcer un départ constitue une pression illégale et peut engager la responsabilité du bailleur.
changer serrure locataire impayé
Le propriétaire ne peut pas changer les serrures tant que les lieux ne lui ont pas été légalement restitués.
mise en demeure irrégulière Maroc
Une erreur sur la dette, le délai ou la notification peut rendre la demande prématurée ou faire perdre la voie accélérée.
exécution provisoire expulsion Maroc
L’exécution provisoire doit être légalement applicable ou demandée et accordée par le juge dans les conditions de l’article 147 du CPC.
avocat expulsion locataire Maroc
L’avocat sécurise le choix de la procédure, la preuve, les demandes financières et le suivi du titre jusqu’à l’exécution.

L’erreur la plus dangereuse consiste à se faire justice soi-même. Couper l’eau ou l’électricité, changer les serrures, pénétrer dans le logement ou sortir les meubles expose le propriétaire à une plainte et à une demande de dommages-intérêts. Ces actes ne deviennent pas licites parce que plusieurs loyers sont impayés. Ils peuvent aussi détourner le débat du manquement du locataire vers le comportement du bailleur et compliquer fortement la récupération du bien.

La deuxième erreur est une mise en demeure imprécise. Un mois mal calculé, un paiement oublié ou une adresse inexacte peut rendre la créance sérieusement contestable. Le congé présente les mêmes risques : motif vague, bénéficiaire de la reprise non identifié, délai inférieur à deux mois ou signification impossible à prouver. Avant toute action, il faut donc rapprocher le contrat, les encaissements bancaires et les actes de notification dans une chronologie unique.

Le propriétaire doit également éviter de choisir le référé par simple recherche de rapidité. Lorsque le locataire conteste sérieusement le bail, invoque des travaux importants ou produit des quittances contradictoires, le juge des référés peut se déclarer incompétent ou rejeter la demande. Il faudra alors recommencer au fond. Une qualification correcte dès le départ économise souvent davantage de temps qu’une procédure accélérée mal adaptée.

L’avocat vérifie le régime applicable, rédige l’acte préalable, sélectionne la juridiction et formule toutes les demandes utiles. Il peut aussi demander l’exécution provisoire lorsque les conditions de l’article 147 du Code de procédure civile sont réunies, sans prétendre qu’elle sera automatiquement accordée. Il suit ensuite la notification, l’appel et l’exécution avec l’huissier. Son intervention est particulièrement utile pour un bail commercial, un bail verbal, une reprise personnelle ou un propriétaire établi à l’étranger.

Avant de mandater un avocat, demandez une convention d’honoraires précisant si elle couvre la mise en demeure, la première instance, l’appel et l’exécution. Remettez-lui les documents complets, y compris ceux qui paraissent défavorables : paiements tardifs acceptés, travaux autorisés ou messages contradictoires. Une analyse réaliste permet parfois de négocier un départ écrit, une remise partielle de dette ou un échéancier, sans renoncer au recours judiciaire si l’accord n’est pas respecté.

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Questions fréquentes

Quelles sont les conditions légales pour expulser un locataire au Maroc ?
Le bailleur doit disposer d’un motif sérieux, tel que le non-paiement, une violation grave du bail, un congé régulier pour reprise ou des travaux nécessitant l’évacuation. Le motif et la formalité préalable doivent être prouvés. L’article 45 de la loi 67-12 encadre les motifs du congé pour les locaux d’habitation ou professionnels. Si le locataire ne part pas volontairement, l’expulsion exige un titre exécutoire.
Combien de temps dure une procédure d’expulsion locataire au Maroc ?
Un référé simple peut aboutir en deux à six semaines, mais son exécution demande souvent deux à quatre mois supplémentaires. Une procédure au fond prend couramment de six à dix-huit mois en première instance. Un appel, une expertise ou une notification difficile prolonge ce délai. Ces fourchettes sont issues de la pratique 2025-2026 et non de délais garantis par la loi.
Quel tribunal saisir pour expulser un locataire au Maroc ?
Pour un logement, il faut normalement saisir le tribunal de première instance du lieu de situation de l’immeuble. Son président peut statuer en référé lorsque l’urgence existe et qu’aucune contestation sérieuse n’impose un jugement au fond. Un bail commercial peut relever du tribunal de commerce selon la qualité des parties et la nature du litige. La qualification du contrat doit donc être vérifiée avant le dépôt.
Peut-on expulser un locataire sans jugement au Maroc ?
Non, le propriétaire ne peut pas employer la force, changer les serrures ou retirer les meubles de sa propre initiative. Une entrée par fraude, menace ou violence peut notamment relever de l’article 441 du Code pénal. Même après la fin du bail, l’évacuation forcée nécessite un titre exécutoire et l’intervention d’un huissier. La seule solution sans expulsion judiciaire est un départ réellement volontaire, constaté dans un accord écrit.
Quels documents faut-il pour lancer une expulsion au Maroc ?
Il faut généralement le bail, la CIN du bailleur, le certificat de propriété ou les actes établissant ses droits, ainsi que la mise en demeure ou le congé avec sa preuve de notification. Pour des impayés, ajoutez un décompte détaillé, les quittances et relevés bancaires. Des constats, photographies, expertises ou témoignages précis sont utiles pour des dégradations ou une sous-location. Un propriétaire résidant à l’étranger doit aussi préparer une procuration régulière.
Quel est le coût d’une procédure d’expulsion locataire au Maroc ?
En pratique en 2026, un dossier simple peut coûter environ 5 000 à 10 000 DH, avocat et actes compris. Une affaire au fond avec appel et exécution peut atteindre 15 000 à 30 000 DH ou davantage. Les honoraires d’avocat sont librement convenus, tandis que les frais d’huissier comprennent le tarif des actes, les déplacements et les débours. Un devis écrit doit être demandé à chaque professionnel.
Comment expulser un locataire qui ne paie pas son loyer au Maroc ?
Le bailleur doit établir un décompte précis puis utiliser la mise en demeure prévue par les articles 23 à 27 de la loi 67-12 lorsque cette procédure est applicable. L’article 24 accorde quinze jours pour régler la créance visée. À défaut de paiement, le tribunal peut être saisi afin d’obtenir le paiement, la résiliation et l’expulsion selon la situation. La décision exécutoire est ensuite signifiée et appliquée par un huissier.
Que dit la loi 67-12 sur l’expulsion des locataires ?
La loi 67-12 régit les locaux à usage d’habitation ou professionnel, et non les baux commerciaux soumis à la loi 49-16. Son article 3 organise l’écrit locatif, ses articles 23 à 27 traitent du recouvrement accéléré de loyers et ses articles 45 et suivants encadrent le congé motivé. Le délai donné par le congé est d’au moins deux mois selon l’article 46. La loi protège donc le droit du bailleur tout en imposant une procédure contradictoire.
Peut-on expulser un locataire qui sous-loue sans autorisation au Maroc ?
Une sous-location contraire à une interdiction contractuelle ou aux règles applicables peut justifier la résiliation du bail. Contrairement à une idée répandue, l’article 25 de la loi 67-12 ne pose pas une interdiction générale de sous-louer : il appartient à la procédure spéciale de paiement. Le bailleur doit prouver l’existence de la sous-location et la violation invoquée. Il est prudent de demander l’expulsion du locataire principal et de tous occupants de son chef.
Combien coûte un huissier pour une expulsion locataire au Maroc ?
Une signification coûte couramment entre 150 et 600 DH par acte, hors déplacements et débours. Une intervention d’exécution sur place se situe souvent entre 800 et 2 500 DH, mais plusieurs vacations, un serrurier ou un transport peuvent augmenter la facture. Ces montants sont des fourchettes pratiques 2025-2026, pas un devis réglementaire complet. Demandez un état écrit distinguant le tarif de l’acte, les débours et les frais accessoires.

Faire vérifier votre procédure d’expulsion

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